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  • Photo du rédacteurNathalie986

Chapitre 13

Ancelin - EPILOGUE


Nous avions passé, une superbe journée, Odely et moi, seuls, en tête à tête. Nos retrouvailles avaient été d’autant plus appréciables que les autres nous avaient laissé tranquilles, et que plus aucune malédiction ne planait sur notre tête. Sans les pouvoirs de l’Enfer, ceux de Tempérance étaient considérablement amoindris.


En début de soirée, nous nous réunîmes tous, dans la cuisine. Odely m’avait parlé du journal de Susumu, celui que j’avais caché derrière les toilettes du rez-de-chaussée, et nous en étions arrivés à conclusion que tout le monde devait en connaître le contenu.

Odely avait donc invoqué Guidry, qui était venu accompagné de la squelettique Hilda. Ils avaient, semble-t-il, quelque secret à nous révéler.


Avant de commencer, je tins à exprimer mes regrets à Guidry, pour ce que nous allions dire, mais il était concerné par notre découverte. Le fantôme et moi-même n’étions pas en très bons termes depuis que nous nous étions battus mais, avec mon hibernation, l’eau avait coulé sous les ponts, et nous pouvions converser, à présent, entre gens civilisés.

- Dites ce que vous avez à dire, dit-il. Je crois deviner de quoi il s’agit.


Odely prit donc la parole :

- Guidry, je suis navrée mais nous avons découvert le journal de Susumu et, dans la page de couverture, il y avait la liste des noms de tous les responsables des tortures qui ont été infligées ici, à l’époque où il était interné. Et votre arrière-petit-fils en était l’instigateur.


Il y eut un long silence dans la pièce, avant que Guidry ne réponde.

- Malheureusement... je suis au courant. C’est notre petit-fils qui l’a entraîné là-dedans, et Adrian avait l’air d’adorer ça, autant que son père.

- Comment ça « votre » ? lui demanda Odely.

- Adrian est notre arrière-petit-fils, à Hilda, et à moi.


Deuxième silence... Cette fois, c’est Hilda qui prit la parole, après nous avoir laissé nous remettre de cette nouvelle inattendue :

- Je vais commencer depuis le début. Tempérance et moi sommes des sœurs. C’est moi qui lui ai présenté Claude-René. Nous sortions ensemble, à l’époque. J’étais très amoureuse de lui, et je voulais le lui présenter. J’ai été bien naïve. Tempérance a eu le coup de foudre pour mon doux ami, et elle a tout fait pour me le prendre. Et Claude-René, en coquin qu’il était, s’est laissé séduire et a gentiment mis un terme à notre relation.


- Mais vous étiez enceinte de lui, n’est-ce pas ? lui demanda Amaël

- Oui, reprit Guidry. Hilda est venue me trouver deux ou trois mois après notre rupture, pour m’annoncer sa grossesse. J’étais tellement heureux d’entendre ça. Cela faisait des mois que j’étais englué dans une histoire dont je n’arrivais pas à me dépêtrer. Tempérance était une vraie sangsue. Elle était méchante et grossière. Tout le contraire de Hilda, qui était si douce et bienveillante.


- Claude-René est allé la voir pour rompre ses fiançailles, continua Hilda. Elle sembla avoir bien pris la nouvelle, et lui proposa une nuit d’adieu. Bien sûr, il a une nouvelle fois succombé à ses charmes, mon René ! Il ne sait pas résister aux femmes. Seulement, cette fois, cela lui aura été fatal. Le manoir a pris feu. Tempérance a brûlé vive, et mon amour est mort asphyxié.

Le ton du squelette était neutre. Il n’y avait aucune rancune, ni aucun reproche dans sa voix douce. Elle relatait les faits, simplement, d’un passé très lointain.

- Quelle tragédie... lui dit Odely. Vous avez donc élevé votre enfant toute seule ?


- Jusqu’à l’âge de ses quatre ans, oui. Ensuite, Tempérance a trouvé un moyen de sortir de l’Enfer, et m’a retrouvée. Elle a jeté sur moi, une malédiction qui m’a transformée en squelette. J’ai déposé ma fille devant la porte de mes employeurs. Ils n’arrivaient pas à avoir d’enfants, et je savais qu’ils s’occuperaient bien d’elle. Ça a été le cas. Ensuite, je me suis enfuie, et je me suis cachée. Je faisais peur à tout le monde. C’est Aurora qui m’a trouvée, et qui m’a conduite à Purgo. Je suis bien là-bas. J’aide les âmes en perdition. C’est aussi là que j’ai retrouvé Claude-René. Oh, bien sûr, nous ne sommes plus amoureux, mais nous tenons l’un à l’autre, et nous avons partagé la même peine lorsque nous avons assisté aux méfaits de notre descendance.

- Savez-vous ce qui a pu pousser Adrian à commettre de tels actes sur ses semblables ? Qu’elles ont été ses motivations ?


- Hilda avait écrit un journal, après mon décès. Le père d’Adrian l’a trouvé. Hilda mentionnait le manoir de Tempérance, et son immense fortune. Nous ne savons pas comment il a pu interpréter ses écrits, mais il était persuadé que les trésors de Tempérance n’avaient pas brûlé, et qu’ils étaient forcément quelque part, à l’emplacement de son ancien manoir. C’était complètement illogique.


- Il avait entendu dire que les « fous » pouvaient voir et entendre les fantômes. Il s’était donc imaginé qu’ils lui diraient ce qu’il voulait savoir. Sauf que les pauvres bougres ne savaient rien du tout. Alors, ils les torturaient pour qu’ils lâchent le morceau, mais sans plus de succès. Adrian a été pire que son père car lui, avec ses méthodes, a rendu fous de pauvres hommes qui ne l’étaient pas en arrivant dans son établissement.


- C’est donc pour ça qu’il nous a fait venir à l’hôpital la première fois ? Il voulait trouver un trésor ?


- Quel manipulateur ! s’exclama Amaël. Lorsque je l’ai rencontré, il m’a dit qu’il voulait sauver l’âme de Guidry. J’ai même eu pitié de ce vieil homme.


Nous finîmes la discussion avec l’explication d’Audric sur le plan qu’il avait mis au point, avec Doreen, pour vaincre Tempérance. Je le trouvais diaboliquement astucieux. Nos amis sorciers avaient, décidément, une imagination défiant celles des plus grands maîtres vampires.

Pour mettre au point ce plan, il fallait tout d’abord, trouver Tempérance. Nous formâmes donc des équipes de deux, afin de quadriller tout l’hôpital.


 

J’avais fait équipe avec Odely. Elle était, comme moi, très emballée à la perspective du sort que nous réservions à Tempérance, mais notre ennemie jurée n’avait pas l’air de vouloir se montrer.


C’est en arrivant au dernier étage, que nous la trouvâmes, en pleine contemplation d’un portrait de Guidry.

- Bonsoir, Tempérance.


La furie se retourna et attaqua verbalement, Odely. Mon épouse, comme à son habitude, ne se laissa pas faire mais, cette fois, je ne m’interposai pas pour la calmer. Le passif entre les deux femmes était si colossal, qu’elles devaient régler leurs comptes, et Tempérance ne pouvait plus lancer de malédiction.


Odely avait fait sortir le fantôme, de ses gonds. Tempérance se mit à pousser des cris tellement gutturaux, que tout l’hôpital avait dû l’entendre. Tant mieux. Doreen et Audric sauraient, ainsi, que nous l’avions trouvée.


- Tu crois que tu me fais peur, sale ectoplasme ! la houspilla Odely. Tes heures sont comptées, alors arrête de faire la maline. On t’a réservé une surprise spéciale Tempête Rouge, tu vas voir, ça va te plaire.

Je ne sais pas à quoi jouait mon épouse, mais elle avait l’air de bien s’amuser. Au moins, elle gagnait du temps jusqu’à ce que les deux sorciers arrivent.


Tempérance redescendit à notre niveau et se tint les tempes. Elle semblait avoir mal à la tête, ce qui était fantasmatiquement impossible. J’aurais presque pu avoir pitié d’elle, si je n’avais pas perdu, il y a bien longtemps, toutes mes émotions. Je ne parlais pas de l’amour que j’avais pour Odely, bien évidemment.

Elle balbutia quelques excuses maladroites à l’attention d’Odely. Mon intuition de vampire était en alerte. Tempérance ne s’excusait jamais. Je sentis, qu’Odely aussi, était sur ses gardes.


Tempérance la poussa brutalement. Il était grand temps que les sorciers arrivent pour que nous mettions un terme à l’existence maudite de cette créature.


Le fantôme se jeta sur mon épouse.

- Je vais te régler ton compte, Vampirette !

- Tu peux toujours essayer, je suis immortelle, rappelle-toi !


Je ne me demandai même pas qui allait sortir vainqueur de ce combat. Tempérance n’avait aucune chance face à Odely.

- Tu ne peux même pas t’imaginer combien ça soulage, mon amour, me lança-t-elle.

Oh si... Elle attendait ça depuis si longtemps.


La furie fut battue à plates coutures, et sans honneur, par ma femme. Je n’en attendais pas moins d’elle.


Elle plaqua son ennemie au sol et la maintint fermement. Tempérance se débattait furieusement.

- Il est hors de question que tu t’échappes. Mes amis vont bientôt arriver. Alors soit, tu te calmes, soit je t’achève.


Tempérance s’était calmée. Elle n’était plus en position de force. Odely l’avait maintenue en respect, jusqu’à ce que Doreen et Audric arrivent.

Guidry venait, lui aussi, de faire son apparition dans le vestibule, et il paraissait se délecter de la situation.

- Que s’est-il passé ? demanda Doreen.

- Juste un petit combat à l’amiable, lui répondis-je.

- Il faudrait qu’elle se lève, maintenant.


Elle ne pouvait plus aller bien loin, de toute façon. Nous lui avions barré toutes les issues.

Je lançai un regard à Doreen, et elle me fit un signe de tête. Audric et elle étaient prêts pour la suite des représailles.


Doreen s’approcha d’elle pour la première partie du plan.

- Eloigne-toi de moi, sorcière !

Elle récita quelques incantations, puis le miracle attendu se produisit...



Tout avait fonctionné comme prévu. Pour que le plan élaboré par Doreen et Audric fut un succès, il fallait que Tempérance reprenne apparence humaine. La première étape était donc une belle réussite.

- Oh, mais que vois-je donc ? se réjouissait Guidry. Une Tempérance en chair et en os!

- Tais-toi donc, minable !


Audric allait pouvoir passer à la suite. La Tempête rouge semblait inquiète, et Guidry s’était avancé vers elle.

- Pas de regret ? lui demanda Doreen.

- Non, aucun. Je voulais la regarder une dernière fois. Tout son être transpire la méchanceté et la malveillance. Je n’ai de regret que pour tout le mal qui est ressorti de mon histoire avec cette femme, beaucoup de regrets.

- Fichez-moi la paix ! invectiva Tempérance. Vous ne savez pas de quoi je suis capable !


- Nous le savons très bien, lui répondit Audric. Et c’est pour cette raison que je vais vous mettre hors d’état de nuire.

Ses paroles furent suivies de ses actes. Il lança un puissant sort en utilisant un seul mot : « transformer ».


Nous eûmes tous très peur, enfin surtout mes amis, car il faut vous rappeler que je n’ai aucun sentiment de ce genre. A l’œil nu, le sort paraissait avoir touché Odely et Guidry. J’espérais sincèrement qu’Audric avait visé juste, car je constatai qu’Odely était toute bizarre. Le but n’était pas de la transformer, ni de transformer le fantôme enjôleur.


Le cercle qui était apparu, sembla se refermer sur Tempérance uniquement, mais je n’arrivais pas à être rassuré. Je n’avais jamais vu mon épouse avec un tel regard. Elle semblait complètement ailleurs.


Le sortilège finit par prendre fin. Audric avait emprisonné l’âme malveillante de la Furie dans une armure de chevalier. C’était vraiment impressionnant.

Odely avait l’air d’aller mieux, et me regardait, avec un petit sourire en coin :

- Avoue que tu as eu peur ! Je l’ai ressenti.

- Tu as dû te tromper.

Forcément, c’était la seule explication.


La dernière étape du processus d’anéantissement de la Tempête rouge allait pouvoir avoir lieu.

Guidry avait disparu. Peut-être était-il plus sensible que ce qu’il voulait nous laisser croire...


Doreen lança le dernier sort en direction de l’armure. Je me sentis, comment dire... euphorique.


Elle atteignit son but du premier coup.


La statue commença à prendre feu, et le feu, pour Odely et moi, était un signal de danger.


Nous préférâmes nous éloigner, avant que les flammes ne prennent plus d’ampleur.


Les deux sorciers restaient en contemplation devant l’œuvre de Doreen, et voulaient s’assurer que l’armure brûlerait définitivement.


Guidry fit alors son apparition, un extincteur à la main, décrétant que ça avait assez brûlé comme ça.


Deux petits tas de cendres s’étaient formés sur le sol, attestant de la réussite du plan. Le beau portrait de Claude-René Duplantier avait été, lui aussi, perdu dans la bataille.



Des gonds grincèrent.

- Cette fois, c’est fini. Vous l’avez anéantie complètement, nous dit Guidry. Cette dernière porte ne devait s’ouvrir que lorsque Tempérance aurait été mise définitivement hors d’état de nuire. Bravo à toute votre équipe.

Je crois que nous avions du mal à réaliser ce qu’il se passait.


 

Nous sommes ensuite descendus pour prévenir les autres. Le jour allait bientôt se lever.


Hilda en profita pour nous saluer. Elle s’en retournait vers Purgo où elle avait encore beaucoup de travail pour tout remettre en ordre. Nous ne la revîmes jamais.


Alors que nous nous étions assis, et que nous discutions des derniers évènements de la nuit, il se passa quelque chose de très étrange avec Guidry.


Le fantôme avait pris visage humain, sous nos yeux, et continuait à converser, comme si de rien n’était. Je savais qu'Audric et Doreen n'y étaient pour rien, cette fois.


Je ne pus m’empêcher de le lui dire :

- Guidry, n’avez-vous pas remarqué que vous n’êtes plus un fantôme ?


- Oh ça... Oui, c’est un coup d’Aurora. Elle m’avait promis de me rendre ma vie, à la mort de Tempérance, pour me remercier de l’aide que je lui ai souvent apportée, dans l’au-delà. C’est une déesse extraordinaire. Je vais pouvoir repartir à zéro, et je ne ferai pas les mêmes erreurs, cette fois. Et vous, mon cher Ancelin ? N’avez-vous pas senti quelques changements en vous, pendant que Tempérance se mourait ?


- C’est possible, oui. Il m’a semblé ressentir de l’euphorie, et aussi de la peur pour Odely, mais je ne l’avais pas identifié comme telle.


- J’en étais sûre ! me dit Odely, avec son petit regard malicieux et triomphant. Je savais qu’il s’était passé quelque chose. Tu as retrouvé des émotions.


- C’est aussi un cadeau d’Aurora ! J’espère que cela vous permettra de voir le monde autrement.


Je me tournai vers Fantine et Audric :

- Peut-être... Je suis en train de réaliser que je tiens beaucoup à vous, mes amis.

- Est-ce que ça veut dire que tu ne demanderas plus jamais à boire mon sang ? ironisa Fantine.

- Ne rêve pas, non plus...

- Et si nous quittions cet endroit ? lança Audric.


Il était grand temps, en effet, que nous quittions cet hôpital maudit, dans lequel nous avions perdu deux de nos amis.

Au moins, nous savions maintenant, que leurs âmes reposaient en paix.

Nous allions tous reprendre notre chemin, jusqu’à la prochaine aventure.


Odely et moi avions prévu de renouveler nos vœux, maintenant que la malédiction qui nous avait tenu séparés, était levée. Et nous nous promîmes de ne plus jamais nous éloigner l’un de l’autre.

Audric et Doreen repartaient pour le monde magique, où ils étaient professeurs dans une école très réputée. Doreen y enseignait les sorts, et Audric, les potions.

Guidry avait prévu de parcourir le monde pour se familiariser avec ses nouvelles technologies, et se faire de nouveaux amis. Il voulait garder le contact avec nous, et faire partie de l’équipe pour nos prochaines missions. Nous étions tous ravis de l’accueillir.

Quant à Amaël, il allait prévenir les autorités de l’implication d’Adrian Duplantier dans les tortures commises à l’hôpital. Adrian sera arrêté et écopera d’une peine de prison à vie.

Amaël vit toujours à Forgotten Hollow avec sa fille Gwen. Il a épousé Fantine, un an après notre aventure.

L’hôpital est toujours debout, mais accueille aujourd’hui, des jeunes des quatre coins du monde sim, désireux d’apprendre les métiers de l’hôtellerie. L’hôpital est devenu, grâce à Amaël et Fantine, le lycée hôtelier le plus côté de notre monde. On n’y revit jamais d’apparition spectrale.


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