top of page
  • Photo du rédacteurNathalie986

G1/ Chapitre 7 : Un beau mariage


J’ai pris quelques jours de vacances pour profiter de ma famille, de ma jolie maison mais aussi de mon quartier. Je vais pêcher tous les jours, et je me suis remise de façon plus assidue au jardinage. Et lorsque Christophe ne travaille pas, je suis au moins là pour profiter de mes journées auprès de lui, sans notre fille, ce qui nous fait le plus grand bien.


Angélique me rejoint souvent dans le jardin après l’école.


Elle me pose foule de questions sur ce que je suis en train de faire tout en m’expliquant sa journée à l’école. Elle me dit vouloir être « jardinière » ou peut-être « échiquière » parce que Papa lui apprend bien les échecs et qu’il lui a dit qu’elle était de plus en plus douée ! Tout cela me fait sourire.


Ces petits discours me font sourire. Je lui promets de lui apprendre le jardinage plus tard et lui suggère de mettre ces deux métiers en un seul puisqu’elle les aime tous les deux !


Et je la prends dans mes bras.

Mais dans l’immédiat, je suis un peu inquiète car elle ne ramène jamais de copines à la maison. « N’as-tu pas d’amies à l’école ? » m’enquiers-je.


Angélique convient qu’il y a bien deux ou trois petites filles avec qui elle discute à l’école mais c’est tout. J’aimerais tant qu’elle se socialise un peu plus.


Durant mes vacances, je savoure les instants passés auprès de ma famille comme cette journée orageuse que nous avons passée à jouer à « Flavio partie 100 », récemment installé sur la console.

Je savoure d’autant plus lorsque je gagne haut la main et que ma victoire est non discutable ! Je vois alors la tête dépitée de Christophe et me dis que ça lui rabat un peu le caquet ! Il faut dire que je n’ai gagné qu’une partie et que toutes les autres ont vu sa victoire à lui ! Alors oui, je savoure !


Ces vacances m’ont aussi permis de renouer avec les échecs que j’avais vraiment abandonnés.

Et pourtant je sais que la logique m’est indispensable dans le travail !


Mais cette fois, je les aborde de façon nettement moins sérieuse et beaucoup plus ludique, ce qui me permet une approche différente.


J’ai l’impression d’y voir beaucoup plus clair et surtout plus loin dans la stratégie ! Je suis enchantée ! La réalité est que je ne m’amusais pas en jouant aux échecs. Maintenant je m’amuse tout en conquérant l’adversaire ! (Une petite fille c’est vrai mais je vais n’en faire qu’une bouchée !)


Je mets également mes quelques jours à profit pour continuer à raconter mon histoire à ma fille, toujours attentive malgré l’approche de l’adolescence. Je me dis que c’est bon signe et espère de tout cœur qu’elle pérennisera l’histoire de la famille, notre famille. Elle est, certes un peu jeune pour comprendre maintenant mais un jour ce sera le cas, et, ce jour-là, j’aimerais qu’elle soit prête.


Toutes les bonnes choses ayant une fin, je reprends le travail sur des chapeaux de roue. Je rentre à la maison ce soir-là avec une promotion que je n’étais pas pressée d’obtenir mais qui est le passage obligé avant mon but ultime : investisseur providentiel.

Je suis à présent Raider. Je vais tout faire pour obtenir mon dernier échelon rapidement tant je suis déprimée par ce poste : acheter des sociétés affaiblies pour en prendre le contrôle et les démanteler pour en faire plusieurs filiales n’est pas du tout mon domaine de prédilection. Il faut vraiment que je passe à autre chose.


Lorsque je rentre, je m’attaque directement au jardin pour oublier ce boulot infernal et me vider l’esprit. Angélique est toujours là pour me raconter sa « folle » journée mais au moins, je ne pense plus au travail. Aujourd’hui, elle me dit qu’elle est rentrée avec un projet scolaire dans lequel elle veut absolument réussir. « Papa va m’aider », me dit-elle


Mais je ne compte pas être hors du coup ! Ils sont surpris tous les deux de me voir débarquer dans le projet mais je vois bien qu’ils n’en sont pas moins ravis ! Leur moment père et fille va se transformer en moment familial et cela réjouit tout le monde.


Angélique est contente. Son projet scolaire de château médiéval est au-delà de ses espérances ! « Ma maîtresse ne va pas en revenir ! » clame-t-elle. « Papa, Maman, vous êtes géniaux ! Je ne savais même pas que vous saviez autant de choses ! »


Christophe continue de m’enseigner les rudiments de la logique qui sont à présent devenus des coups de grand maître. Je dois absolument en finir avec ce travail ingrat de raider et il est prêt à tout pour m’aider. Il a même embauché Angélique pour me déconcentrer ! Quelle fine équipe ces deux-là !


Angélique, ma petite pitchoune, toujours enjouée à l’idée de m’entendre raconter mon histoire. Ce jour-là, je commence à lui expliquer la rencontre avec mon arbre mais sans lui en dire plus. Elle est éberluée quand je lui narre que je parle avec lui et que je discute de ses racines ! Puis je m’arrête là ! Je ne veux pas lui donner trop d’informations d’un coup. De même que je ne lui raconte pas encore mon enfance à Del Sol Vallée.


Je rentre du travail très tard ce soir-là. J’ai enfin eu la promotion que je désirais tant ! La suprême, la finale, celle qui nous permettra de vivre tranquille jusqu’à la fin de nos jours : je suis INVESTISSEUR PROVIDENTIEL ! Le rêve de toute une carrière. J’ai tellement travaillé dur pour en arriver à ce stade que par moment, j’ai même délaissé ma famille. Mais ils sont toujours là.


Alors je les regarde… la nuit tombe, il fait très bon dehors en cette journée d’été et Christophe est en train d’aider Angélique pour ses devoirs. Je les écoute aussi. Il n’est pas très tendre avec elle parfois mais ses conseils sont les bons. J’aimerais m’interposer et lui demander d’être un peu plus gentil avec elle mais ils ne m’ont même pas vue tant ils sont pris par leur occupation. Je décide alors de disparaître en toute discrétion et de me faufiler dans la maison par la porte de la cuisine. Nous parlerons de ma promotion demain.


Les moments que je partage avec Angélique sont très précieux. Je la retrouve souvent dans sa chambre pour lui raconter des histoires et lui conter la mienne.


Il m’arrive de la regarder simplement faire ses devoirs et d’être en admiration devant sa concentration.


Parfois, elle me demande de l’aide, que je lui apporte avec grand plaisir. Cela n’arrive que lorsqu’elle a l’impression de ne pas y arriver. Mais elle se trompe : il lui suffit d’un petit coup de pouce et c’est reparti !


Angélique est un petit génie en herbe ! Elle fait sans cesse de nouvelles expériences sur son établi de scientifique et crée des potions de toutes sortes, des potions de santé ou d’émotion, comme elle dit, et elle est toujours ravie de partager ces découvertes avec nous. Cela nous amuse beaucoup.


Elle a même créé une boule puante qu’elle a glissé dans le cartable d’un de ses camarades de classe qui se moquait d’elle car elle avait de bonnes notes ! Elle a compris au ton de ma voix et à mon regard désapprobateur qu’elle n’avait surtout pas intérêt à recommencer !


Après cette petite mise au point, nous rejoignons son père dans le salon. Christophe et moi avons quelque chose à lui annoncer : nous allons nous marier !


Le mariage est programmé après sa fête d’anniversaire. Chaque chose en son temps et il est hors de question de mettre son passage à l’âge adolescent au second plan.


Angélique est très heureuse et nous dit même qu’ainsi, elle ne sera plus différente de ses copains de classe qui eux, ont tous des parents mariés.


Les questions fusent à propos de cet évènement qui devient le sujet principal de la soirée. Est-ce qu’on va inviter du monde, où cela va se faire… Angélique est très enthousiaste et s’exclame que, finalement, elle sera la seule de sa classe à assister au mariage de ses parents !


Le lendemain soir, je mets Angélique au lit de bonne heure. Demain, nous fêtons son anniversaire. Ce sera dans l’intimité m’a-t-elle dit. Elle ne veut partager cet instant qu’avec nous !


Nous sommes très émus. Une nouvelle page de notre vie va se tourner. Quelle adolescente sera notre fille ? Nous passons un long moment à discuter près de son lit alors qu’elle a sombré dans le sommeil depuis un instant déjà.


L’anniversaire d’Angélique doit être une réussite. Alors son père et moi décidons de lui donner une ambiance festive. Je me mets à chanter un « bon anniversaire » de mon cru tandis que Christophe souffle dans la corne de brume.

Je suis un peu angoissée au moment où elle souffle les bougies mais l’encourage de tout mon être malgré tout !


Elle est devenue une belle adolescente. Nous avons dû lui offrir des lunettes car les longues heures passées à lire ou à rester devant son ordinateur ont nécessité une petite correction.


Je n’en reviens pas que le temps ait passé si vite. Je suis si émue que les larmes me viennent. Angélique me serre dans ses bras si fort que je reste blottie contre elle, dans cette position pendant de longues minutes.


Et la vie suit son cours… Christophe a réaménagé la chambre de sa fille pour en faire une chambre d’ado digne de ce nom !


Angélique se rend compte que le lycée n’a rien à voir avec l’école primaire. Elle doit travailler beaucoup plus pour obtenir les mêmes résultats et requiert plus souvent l’aide de son père ou la mienne. Mais je sais qu’elle peut réussir à obtenir le fameux A qu’elle ne désespère pas d’avoir.


Elle est également toujours aussi intéressée par mon histoire et vient souvent me solliciter pour que je lui conte davantage ! Nous pouvons échanger ainsi pendant des heures.

Angélique m’a avoué avoir trouvé un exemplaire de ma biographie dans la bibliothèque et avoir commencé à le lire. Elle est passionnée par ce que j’écris et ne s’en lasse pas.


C’est ce jour-là que j’ai commencé à lui expliquer que le monde d’autrefois avait non seulement plusieurs villes mais que nous avions aussi un hôpital, un commissariat et un laboratoire scientifique. Je lui parlais aussi de quelques objets qui n’existent plus ici comme l’ordinateur portable, la balançoire et même le lave-linge. Angélique me dit qu’elle aurait bien aimé connaître tout cela.


Christophe et moi sommes à quelques jours de notre mariage et nous peaufinons les derniers détails.


Nous avons loué du mobilier pour l’occasion et il ne nous reste plus qu’à définir où l’installer. Après avoir longtemps hésité entre intérieur et extérieur, nous optons pour le jardin. Christophe a, en outre, rajouté une arche de mariage pour que notre célébration soit parfaite. J’aime tellement ces petits plus qui sont très représentatifs de sa prévenance à mon égard.


Le jour J, toutes mes amies sont réunies autour de nous. Nous avons engagé un mixologue mais Don, l’amoureux de Katrina, n’a pas pu se rendre disponible car il était pris ailleurs. Il faut dire que c’est un mixologue reconnu et très demandé par tous.


Avant la cérémonie, je fais un énorme bisou à mon fiancé qui m’a l’air un peu tendu.

J’essaye de le rassurer en lui disant que tout va bien se passer comme tout s’est déjà bien passé jusque-là. Pourquoi cela changerait-il ?


Mes amies, elles, sont déjà à la fête et profitent des boissons délicieuses préparées par notre mixologue de la journée.


La cérémonie va commencer. Nous prenons place, Christophe et moi, près de l’arche. Son simple regard suffit à me faire fondre, mes jambes tremblent.

Du coin de l’œil, j’aperçois Angélique et mes amies qui approchent.


La cérémonie commence et nous nous apprêtons à échanger nos vœux lorsque Christophe me prend dans ses bras et me chuchote à l’oreille qu’il m’aimera toujours.


Après ce moment intense de tendresse et d’amour, nous revenons à nos vœux : je promets, il promet… J’ai l’impression de ne plus voir personne…

Nous sommes l’un à l’autre pour le restant de notre vie : les mots amour, fidélité, chérir sortent de nos bouches. Et nous y croyons car nous savons que ce que nous disons est vrai.


Nous échangeons les anneaux, symbole de tout cet amour, je dis « oui », il dit « oui ». Nous sommes mari et femme.


Nous nous embrassons alors sous une pluie de confettis, inconscients du monde qui nous entoure et pourtant je devine la joie de mes amies et surtout celle d’Angélique qui est, après nous, la plus heureuse de la terre !


Après la cérémonie, Christophe et moi nous approchons du gâteau que la mixologue a discrètement déposé sur la table.

C’est à nous qu’il incombe de le découper et d’en prendre la première part.

Notre fille et nos amies mettent l’ambiance et nous encouragent.


J’ai pris la première part du gâteau et compte bien donner la becquée à Christophe !


Mais la situation se retourne contre moi. Christophe a pris une autre fourchette et me fait ouvrir grand la bouche ! J’ai failli m’étouffer tellement je rigolais ! Et puis j’entendais aussi le rire aigu et communicatif de Katrina derrière moi.


Mais c’était cela aussi l’amour ! Une complicité de tous les instants, un regard qui vous dit « je t’ai bien eu ! » mais qui est empli de bienveillance.


Et lorsque vous regardez cet homme avec qui vous avez déjà passé la plus grande partie de votre vie, vous savez que tout est possible et que le choix que vous avez fait des années en arrière est le bon, parce qu’avec lui, tout est encore possible.


A m’amuser avec Christophe, j’ai fait une petite tâche bleue sur ma belle robe. Je me suis alors précipité vers la cuisine et j’y ai croisé Katrina. Elle me dit s’être isolée un peu à cause de la chaleur mais elle promet de vite nous rejoindre. Je la trouve très fatiguée. Je pense qu’elle s’est éloignée autant de la chaleur que du bruit ambiant. Elle a beaucoup vieilli depuis ma fête d’anniversaire et bien qu’elle soit heureuse d’être parmi nous, je crois aussi qu’elle a besoin de repos et de calme.


Je la laisse donc pour aller discuter un peu avec ma fille au jardin.

Angélique me félicite. Elle attend notre mariage depuis qu’elle est petite fille mais ne regrette pas d’avoir attendu si longtemps. Elle est fière de voir ses parents s’aimer toujours autant malgré les années et encore plus fière d’être notre fille ! Quel bonheur d’entendre ma fille me dire tout cela. J’aurais tellement aimé le même genre de relation avec ma mère, mais cela n’aurait jamais été possible.


Katrina et Christophe nous rejoignent peu de temps après et nous discutons encore un moment avant la fin de la fête.


J’aurai fait le plein d’émotions durant cette belle journée. Angélique serre son père dans ses bras et je me dis que j’ai beaucoup de chance d’avoir une famille comme la mienne.


Une fois les invités partis, Angélique s’est empressée d’ôter sa jolie robe rose et nous propose de tout débarrasser et de ranger. Elle nous a servi un verre sur la table de la terrasse et nous envoie me détendre.


Il est vrai que la journée a été longue et éprouvante émotionnellement. Les verres sont bien là où elle avait dit qu’ils seraient. Nous nous asseyons et savourons nos délicieux breuvages tandis qu’elle s’affaire derrière nous. Elle est vraiment la fille de son père, aussi prévenante qu’attentionnée.


Mais quand a-t-elle grandi si vite ?


4 vues

Posts similaires

Voir tout
bottom of page