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  • Photo du rédacteurNathalie986

G3/ Chapitre 12 : Claire


Ce jour-là, c’est le grand jour. Alan et Stéphanie sont venus déposer Claire à la maison avec ses bagages. Stéphanie avait fêté son anniversaire la veille, mais Claire me dira plus tard qu’elle n’avait pas été conviée à cette grande soirée mondaine.


Après quelques paroles courtoises, ils décident de s’en aller, Alan le premier.

- Tout ira bien pour moi Maman. Je vais être très heureuse !

- Je l’espère bien. Si ce n’est pas le cas, tu m’appelles.


- Je prendrai soin d’elle. Elle est aussi ma fille, ne l’oublie pas.

- Je le sais, Maxime.


Claire exprima clairement son soulagement, après le départ de Stéphanie et Alan.

- Ouf ! Ils sont enfin partis ! J’ai cru que ça ne finirait jamais. Dans mes bras ma petite sœur adorée !


- Je suis si heureuse ! Maintenant, je ne bouge plus d’ici !


Clémence arriva quelques minutes plus tard, après sa journée de travail.

- Oh, mais qui vois-je là ?


Claire lui sauta dans les bras :

- Mais, c’est moi ! Claire !


- Quand est-ce que tu es arrivée ?

- Il y a une vingtaine de minutes.

- Les filles, je suis désolé de tout gâcher mais il ne faudrait pas perdre les bonnes habitudes. Il y a des devoirs à faire.

Oui, je sais... J’aurais pu prolonger les retrouvailles, mais les devoirs, c’est hyper important, non ?


- Je trouve ça génial de faire ses devoirs dehors.

- Oui, il fait beau. C’est quand même plus sympa.


- Chez Maman, je devais faire mes devoirs sur mon bureau, dans ma chambre, et pas ailleurs.

- C’est bien triste je trouve.


- Une fois, j’ai voulu les faire au salon, je ne te dis pas comment ça a bardé !

- Ici, tu pourras les faire où tu veux, tu verras. En plus c’est sympa quand tu veux avoir la famille autour de toi. Mais des fois, j’aime bien aussi être tranquille dans ma chambre.


- Je sens que ça va beaucoup me plaire, la vie ici !

- Et moi, ça me plaît déjà que tu sois ici !


Ce soir-là, après diner, les filles restèrent un moment à discuter dans leur chambre puis elles se jurèrent une amitié éternelle sous mes yeux.

- Pour toujours ! avait dit Michèle


- Pour toujours, répondit Claire, en serrant très fort sa sœur.


- C’est le plus beau jour de ma vie !

- Le mien aussi !

- Et si on se prenait en photo toutes les deux avant d’aller dormir ?

- Super idée ! On se rappellera toujours mon premier jour ici comme ça !


- Cheese !


Les filles ne tardèrent pas à s’endormir tant la journée avait été pleine d’émotions. Il était temps d’éteindre les lumières...



Nous nous retrouvons enfin seuls, Clémence et moi, après toute l’agitation qu’il y a eue autour de l’arrivée de Claire à la maison.

Seuls jusqu’à demain, où nous fêterons l’anniversaire d’Olivier et son passage à l’adolescence.

- Et voilà ! Cette première journée avec Claire vient de s’achever… Tu as remarqué comme elles s’entendent bien, toutes les deux ?

- Oui ! Mais je ne suis pas étonnée. Elles s’entendaient déjà très bien avant cela.


Nous sommes tous présents aujourd’hui pour voir grandir mon fils aîné.


Hélène n’était pas venue aujourd’hui car elle avait prévu une fête de son côté avec Olivier. Mais, en réalité, je la soupçonnais d’avoir voulu me laisser seul, avec ma femme et mes enfants.


Il est loin le temps où j’ai découvert Olivier si petit dans son berceau… Mon premier enfant…


Je me trouve maintenant face à un grand gaillard et je peux comprendre ce qu’avait ressenti mon père lorsqu’il m’a vu devenir adolescent.


- Et bien, voilà encore une étape de franchie. Quel effet cela te fait ?

- Je vois le monde de plus haut !


- J’aimerais déjà être aussi grand que toi. Mais avant moi, il y a Claire ! s’exclama Charles.


- Et notre petite Michèle sera la dernière ! taquina Olivier

- Hou toi ! être ado, ça te rend bête ! se défendit Michèle.


- Viens dans mes bras. Toi et Claire êtes mes petites sœurs chéries. Je vous aime très fort toutes les deux. Et Charlie aussi. Même si maintenant je suis un grand frère plus grand qu’avant.


L’amour dans ma famille… Cet amour qui nous unit tous et fait de nous une grande et belle famille, une famille que j’aime tant !

- Bon il faut que je m’en aille tout le monde ! Maman m’attend. Elle aussi m’a préparé une petite fête !


 

Claire demande souvent de l’aide pour les devoirs alors qu’elle n’en a pas réellement besoin. Elle s’en sort très bien toute seule. Je pense qu’elle a surtout manqué d’attention lorsqu’elle vivait chez sa mère et je la soupçonne inconsciemment de me solliciter pour cette unique raison.

- Eh bien voilà ! C’est parfait, ma chérie. Comme d’habitude !


Je pense aussi qu’elle a besoin d’entendre des encouragements et des compliments, choses qu’elle n’a pas eu l’occasion de goûter, jusque-là.


- Et toi, Michèle, tu veux un coup de main ?

- Non merci. J’ai presque fini, Maman.


- Mais c’est super ! Comme ça, vous allez pouvoir en profiter pour jouer un peu avant le dîner, Claire et toi.


Un jour, alors que Clémence et moi batifolions tranquillement dans le bain à remous, les filles ont dû faire face à une petite mésaventure. Elles nous en conteront les détails qui suivent plus tard.

Elles avaient invité ce jour-là, trois camarades de classe à la maison, trois garçons prénommés Arthur, Barnabé et Alistair. Tout se déroulait tranquillement. Les enfants jouaient à « faire semblant » jusqu’à ce que le dénommé Arthur se lasse de leur jeu et ne fasse des siennes. Barnabé était complètement sous le choc :

- Han ! Arthur a cassé votre maison de poupée !


- Franchement, pourquoi tu as fait ça, Arthur ? s’indigna à son tour Alistair.

- Parce qu’il est méchant ! lui répondit naturellement Claire.

- Non ! C’est parce que c’est un truc de fille ! Je n’aime pas les trucs de fille. Et puis, c’est bien plus rigolo que de « faire semblant » ! se vantait fièrement le Arthur en question, tout en vidant des tubes de peinture sur le plancher.


Michèle commençait à se sentir bouillir de l’intérieur :

- Arrête avec la peinture ! Tu as assez fait de dégâts comme ça !

- Je crois qu’il ne t’écoute pas ! Il s’en fout.


- OK !!! Je veux que tu partes tout de suite de chez moi !

- Quoi ? Tu me vires de chez toi ?


- Oui ! C’est exactement ça ! DÉGAGES ! Va salir chez toi !

- Ok. Pas la peine de crier. De toute façon, c’est moche, chez toi.


Barnabé a nettoyé la première tâche de peinture tandis qu’Alistair essayait de réconforter les filles. Claire était prostrée à la même place depuis un moment, choquée par tant d’acharnement. Elle me dira plus tard qu’elle avait été impressionnée par sa petite sœur, qui avait pris les choses en main.

- Ecoutez les gars, je vous remercie pour votre aide, mais ma sœur et moi, on va se débrouiller toutes les deux maintenant. On se voit demain à l’école.


- Et comment va-t-on se débrouiller ? ça va barder c’est sûr !

- Papa et Maman ne vont pas être contents, c’est certain. Mais si déjà c’est nettoyé, je pense qu’on minimisera leur réaction. Je m’en occupe.


- J’ai eu l’habitude avec Olivier. Ils sont vraiment nases parfois, ces garçons !

- Olivier faisait ça ? eh ben dis donc ! J’aurais jamais pensé...


- Et pour ta maison de poupée ? Qu’est-ce qu’on va faire ?

- NOTRE maison de poupée, tu veux dire ? Malheureusement, on ne peut rien faire. Papa devrait pouvoir la réparer. C’est un as du bricolage.


Pendant ce temps, ignorants du drame qui se déroulait dans la maison, Clémence et moi nous prélassions dans les eaux tièdes du bain à remous.

Chaque moment passé auprès de ma petite femme bien aimée est unique et ravive tous mes sens. Elle est celle que j’aime pour toujours. Lorsque je suis près d’elle, le temps suspend son vol.

- Est-ce que je t’ai déjà dit que tu es de plus en plus belle chaque jour que Dieu fait ?

- Des milliers de fois…


- Ce n’est pas grave. C’est tellement vrai, et je t’aime tellement.

- Moi aussi je t’aime mon amour. Mais si nous allions voir ce que fabriquent les filles maintenant ? Nous sommes là depuis un petit moment...

- Tu as raison. Mais couvre-toi pour traverser le jardin, il fait frais dehors.


Lorsque nous arrivons à l’intérieur, nous remarquons tout de suite la maison de poupée, et l’air penaud des filles. Claire avait même les larmes aux yeux.

- Qu’est-ce qu’il s’est passé ici, à ton avis Clémence ?

- Je pense qu’un ouragan s’est abattu sur cette pauvre maison, Maxime. Voilà tout.


Les paroles de Clémence eurent l’air d’apaiser Claire, comme un soulagement. Aurait-elle eu peur de nous ?

- Alors ? Qui de vous deux a cassé la maison de poupée ? demandé-je


- Ce n’est pas nous Papa ! Nous n’avons rien fait, jura Claire.

- C’est ce garçon... Arthur, me dit Michèle


- Arthur ? Jamais entendu parler… Il sort d’où celui-là ?

- De ma classe. C’est moi qui l’ai invité.


Michèle était toute penaude à son tour et Claire se sentit obligée de prendre sa défense.

- On le croyait gentil mais en fait, pas du tout. Et il a mis de la peinture partout !

- De la peinture ? Mais où ça ?

- Y’en a plus Papa, j’ai tout nettoyé ! me rassura Michèle.


- C’est vrai, Michèle a frotté longtemps pour tout faire partir. Il y en avait partout dans la cuisine. Et elle a aussi mis Arthur dehors, en lui criant dessus.

- Je te jure que c’est vrai Papa. Et si on avait pu réparer la maison, on l’aurait fait aussi.

- Bien. Dans ce cas, je vais réparer votre maison. Je laisse Maman décider de votre punition.


Je voyais bien que les deux sœurs étaient sincères et qu’elles étaient complètement dépitées par leur mésaventure. Aussi, je décidais de réparer la maison de poupée que j’avais, dans un premier temps, et secrètement, pensé à jeter.

- Est-ce que vous êtes conscientes qu’on n’invite pas n’importe qui à la maison ? Surtout des personnes que l’on ne connait pas ou peu ?

- Oui Clémence.


- Il n’y aura pas de punition, pour cette fois, parce que vous vous êtes comportées comme des petites filles responsables en mettant dehors les fauteurs de trouble, et en nettoyant les dégâts. Et, à voir vos têtes, je pense que cela vous a servi de leçon. Inutile d’en rajouter. Par contre, interdiction de ramener des garçons à la maison, excepté vos frères bien sûr.


- Allez, venez voir la maison, les appelé-je

- C’est déjà réparé ? Oh merci Papa !!

- Je t’avais dit que Papa ferait des miracles !


Claire se retourna vers ma femme et s’adressa à elle d’une voix toute timide :

- Et merci Clémence, pour ne pas nous avoir punies.

- Je punis quand c’est mérité, ma chérie. Pas autrement.


Cet après-midi-là, lorsque les filles rentrent de l’école...

- On l’a échappé belle hier soir, n’est-ce pas ?

- C’est sûr ! J’aurais été chez Maman, j’aurais déjà pris une bonne rouste par mon beau-père et elle n’aurait rien dit !


- Tu, quoi ?!

- Garde-le pour toi. Toujours. Je ne veux pas que Papa et Clémence soient au courant. Jamais.


- Tu peux me faire confiance. Je sais super bien garder les secrets.

- Et si on allait voir Charles maintenant ?


- Oh que oui !

- Super ! Je te parie que Monsieur Sport doit être en train de faire des longueurs dans sa piscine !


- Gagné !

- J’te l’avais dit !

- Oh, salut les frangines !


- C’est super d’être venues me voir ! Vous venez me rejoindre ?

- J’arrive !

- Moi non. Je préfère rester là.


- Vous avez fait vos devoirs ?

- Non pas encore. On est venues directement en descendant du tram.

- On les fera en rentrant.


Les filles ont raconté leur mésaventure de la veille à Charles.

- Un vrai nul ce type, j’te jure ! Et on a dû se taper tout le nettoyage. Heureusement que Barnabé avait commencé.

- Ça vous dit un babyfoot les filles ?

- Carrément !


Claire était touchée que sa sœur l’ait incluse dans le nettoyage alors qu’elle n’avait rien fait et, même si Charles semblait ne pas faire attention à ce que disait Michèle, il avait tout enregistré.

- Tu aurais vu le bazar qu’il a mis !

- Ne t’inquiète pas Michèle. Je vais aller lui dire deux mots et il ne vous ennuiera plus.

- Ne va pas te créer d’ennuis quand même ! s’inquiéta Claire.


- Ça me rassure. Au moins il ne mettra plus les pieds chez nous !

- On se la fait alors, cette partie de babyfoot ?

- Oh oui ! Et je vous prends à deux contre un ! Je vais vous rétamer !

Claire avait l’air très sûre d’elle.


- Non mais ! Je le crois pas ! Quelle prétentieuse, celle-là !

- Ha ha ! On y va ?


- Michèle, mets-y un peu du tien ou on va perdre !

- Je fais ce que je peux figure-toi !


Claire se réjouissait de leurs difficultés.

- Vous êtes prêts à prendre une raclée, les frangins ?

- Michèle, garde les buts !

- Quels buts ?


C’est alors que Nadège fit irruption dans la pièce :

- Bonsoir tout le monde !

- Maman ! Tu tombes au pire moment !

- Buuuuuut ! s’écria Claire qui avait profité de l’instant d’inattention de son frère.


- Navrée pour toi fiston, mais tu as encore tes devoirs à faire, une douche à prendre et ensuite ce sera l’heure de dîner !

- Cinq minutes, s’il te plait !


- Dis au revoir à tes sœurs. Il est plus que l’heure.

- Maman chérie !

- J’ai compris ! Je me suis trompée de couleur ! cria Michèle, toute contente d’avoir trouvé pourquoi elle n’y arrivait pas !


- Pas de maman chérie qui tienne. Je t’attends en bas.

- D’accord Maman.


- Désolé les filles, mais cette fois, il faut vraiment que vous partiez.


Tous les trois rejoignirent le rez-de-chaussée.

- C’est dommage, on s’amusait tellement bien, soupira Michèle.

- Pas tant que ça. Tu as fait gagner Claire ! Il faudra vraiment que je t’apprenne les règles du jeu !


Charles serra mes deux filles, chacune à leur tour, dans ses bras avant de leur dire au revoir. Il eut un mot gentil pour chacune d’entre elles qu’il adore. J’aime savoir que le lien qui unit mes enfants est ainsi fort et incompressible.

C’est Charles qui me racontera plus tard la visite de ses sœurs.


 

Un soir, suivant mes consignes, les filles se sont appliquées à mettre le couvert. J’aime que mes enfants participent aux tâches de la maison. Je leur ai préparé des boulettes de viande à la sauce tomate (du jardin, bien évidemment !).


Tout le monde a l’air d’apprécier, y compris Michèle !

- Papa ! C’est trop bon ce que tu as fait !


Je n’en revenais pas !

- Alléluia ! Un miracle s’est produit !

- J’en ai bien l’impression, mon amour.

- Hein ? s’interrogea Claire qui ne comprenait pas.

- Papa ! s’offusqua Michèle


Mais Claire n’abandonna pas la partie. Elle voulait savoir.

- Pourquoi tu dis ça, Papa ?

- Papa veut juste me mettre mal à l’aise devant toi, Claire !


- Tu es injuste jeune fille ! Ton père est juste heureux. Il se donne du mal tous les soirs pour nous régaler et toi, tu fais la fine bouche. Alors ce soir, il est heureux. Et qu’en est-il du rouge et du vert ? Il y en a pourtant dans ton assiette.

- Il y avait juste une feuille de basilic sur le dessus et je l’ai écartée. Et pour la tomate, elle est mixée. C’est quand même meilleur !

J’étais ravi ! Michèle avait su reconnaître la tomate et le basilic !


- Tes petites incursions surprises dans la serre t’auront au moins servi à reconnaître les produits que tu as dans l’assiette ! dis-je en me levant.

- En disant cela, ton père te fait comprendre qu’il est content… précisa Clémence.

Puis Claire s’adressa à sa sœur, elle semblait contrariée.

- Moi, ce que je ne comprends pas, c’est que tu as de la chance d’avoir Papa qui cuisine et qui fait de très bonnes choses ! Pourquoi tu es si difficile ?


Ma fille aînée avait pris son assiette, l’avait débarrassée et avait disparu un petit moment... (aux toilettes ?)

- Tu as entendu ce que vient de dire ta sœur ? demanda Clémence à Michèle.

- Oui.


Clémence me regarda ensuite :

- Je pense qu’elle n’a pas mangé de bons petits plats tous les jours.

- Mais pourquoi est-ce qu’elle m’en veut ?

Michèle ne comprenait pas.


- Elle ne t’en veut pas. Discutes-en avec elle et tu sauras pourquoi elle a dit ça, tentai-je de la rassurer.


Claire était revenue et s’employait à débarrasser la table.

- Et par la même occasion, aide ta sœur à débarrasser !


- Il faudrait qu’elles fassent leurs devoirs aussi ! se récria ma femme.


- C’est déjà prévu ma chérie. Je leur ai dit de s’en occuper après le repas.

- Merveilleux !


- Tu ne fais pas tes devoirs ...

- Non je discute d’abord avec Olivier...


- Avec Olivier ?

- Oui. Il me manque...


- Pourquoi tu ne lui demandes pas de venir ? Ou on va chez lui c’est encore mieux !

- Il est grand maintenant. Je ne veux pas l’embêter !


- Tu ne l’embêterais pas ! C’est notre frère, et il nous aime !

- Je crois que tu as raison, je vais faire mes devoirs !


Mais Michèle n’en resta pas là. Une chose la tracassait, et elle voulait savoir si elle se trompait ou non. Le nez dans ses devoirs, l’air de rien, elle questionna donc sa sœur :

- Tout à l’heure, après le repas, tu m’as demandé pourquoi j’étais si difficile alors que Papa nous cuisinait de bons repas. Pourquoi tu as dit ça ? Tu m’en veux ?

- Non. Je cherche à comprendre, c’est tout. Lorsque j’étais chez Maman, nous avions un micro-ondes. Et tous les repas étaient faits là-dedans…


Claire s’était rapprochée de sa sœur.

- C’était soit flocons d’avoine ou nuggets de poulet, suivant l’heure de la journée. Et quelques fois, elle préparait un repas différent de d’habitude. Mais c’était plus rare car plus long à faire, j’imagine…

- Tu veux dire que tu mangeais la même chose tous les jours ?


- Oui. Et même très souvent deux fois par jour ! J’étais contente lorsque je venais chez Papa, ou même quand il nous organisait des pique-niques ! Et lorsque je mangeais mes nuggets, je sais que Maman et Alan, eux, allaient dîner de plats fabuleux aux réceptions auxquelles ils étaient conviés ! Alors, je peux te dire que les pique-niques de Papa, ils sont bien meilleurs que des nuggets.

- Et tu n’as jamais rien dit ?


- Et que voulais-tu que je dise ? J’avais faim. Je mangeais. Ça s’arrête là !

- Heureusement, grâce à Papa, nous n’avons pas de micro-ondes ici !

Michèle me racontera, plus tard, cette discussion qu’elle avait eue avec sa sœur. Elle en a été perturbée fort longtemps, et moi aussi. Comment ai-je pu ignorer ce que ma fille vivait ? Elle ne se plaignait jamais, mais j’aurais dû voir. Et lorsque j’entends cela, je me demande s’il est encore des choses difficiles qu’elle aurait vécues.

Depuis ce fameux soir, Michèle ne fit plus jamais la difficile sur la nourriture.


 

Ce jour-là, c’était l’anniversaire de Claire. Michèle avait donné rendez-vous au parc à Bastien Valdeblore (le fils d’Axel et de Louise), à Quentin et Rose Chinon (les enfants de Max et Bérénice) mais aussi à son frère Charles. Claire était restée à la maison avec moi pour tout préparer. Elle s’intéressait beaucoup à la cuisine.

- Regarde, y’a ton frère ! Appelle-le, Michèle !


Charles avait tout de suite rejoint sa sœur.

- Monte, Charlie ! On va s’amuser !


Mais Charles avait tout de suite remarqué que quelque chose clochait avec Bastien...

- Tu as vu ce qu’il fait ? Il va nous créer des ennuis !

- Continue sans moi ! Je m’occupe de Bastien !


Michèle avait vu son amie Rose arriver mais Bastien était sa priorité du moment. Michèle la justicière ou Michèle la bienfaitrice... allez savoir... Mais elle s’en prit ce jour-là à Bastien Valdeblore :

- Tu te crois où Valdeblore ? Je ne te laisserai pas salir le parc, vandale !

- Et toi, tu te crois où, Chevalier ? Tu crois que tu me fais peur ?!


- Tu devrais ! Les renforts sont arrivés !

Charles et Rose faisaient front contre Bastien.

- Dans ce cas, je baisse les armes. Mais je n’ai pas dit mon dernier mot ! Et je le fais pour toi, ma princesse ! avait dit le petit Bastien en dévorant Michèle des yeux.


Puis Quentin, le frère de Rose, arriva. Quentin et Bastien, tous deux en émoi devant ma Michèle depuis l’enfance. Mais celle-ci n’avait d’yeux que pour Quentin !

- Oh non ! Pas lui ! s’écria Bastien.

Mais Michèle s’extasiait déjà :

- Quentin !


Bastien se lamenta tout haut auprès de ses amis. Honnête comme il était, il ne cherchait même pas à cacher sa déception :

- Je n’ai plus aucune chance maintenant !

Et Michèle qui en rajoutait avec le fils de mon meilleur ami :

- Je suis trop contente que tu sois là !


Bastien faisait bonne figure et il était sincère et amical :

- Mais bon, c‘est de bonne guerre ! J’adore Quentin. Là aussi je me rends ! Aujourd’hui, ce n’est pas ma journée, rien de grave !


Mais l’autre petit garçon, pourtant « gagnant », avait d’autres pensées : « Il fait bien de se rendre... Parce que je ne laisserai jamais tomber… Jamais ! »


Alors que Michèle était au parc parc avec Charles, Rose, et ses jeunes soupirants, Claire et moi préparions son gâteau d’anniversaire. Nous avons passé un formidable après-midi en cuisine entre père et fille.

- Tu crois que je me suis bien débrouillée Papa ?

- Merveilleusement bien ! Ton gâteau est sublime et il va être délicieux !

- Et c’est mon gâteau d’anniversaire !

- Oui, ma chérie. Le meilleur de tous !


Tout le monde est arrivé à l’heure. Même Michèle et Charles (il est caché derrière la grande jupe de Stéphanie mais il est là !).


L’ambiance bat son plein, comme toujours grâce à Clémence ! Il ne faut pas compter sur Alan pour ça. Il est tellement pète-sec celui-là !


Claire souffla ses bougies, entourée de ses parents et de ses frères et sœurs, mais aussi de Clémence, une belle-mère qu’elle adorait, et d’Alan, un beau-père qu’elle détestait.


Elle devint une magnifique jeune fille. Je sais que je suis son père, et que je peux ne pas être objectif, mais ma fille est vraiment magnifique !


La fête continuait de plus belle. Le seul bémol : Alan. Il était toujours plein de commentaires mal placés.


Malheureusement je n’avais pas le choix : étant donné que j’ai invité Stéphanie à venir, Alan a forcément suivi…


Le gâteau de Claire s’est révélé délicieux. Tout le monde l’a adoré.


J’étais très fier d’elle, et je lui apprendrai d’autres rudiments de cuisine puisque ça l’intéresse. Cet après-midi avait été une joli moment partagé pour lui apprendre comment faire un gâteau et j’espérais bien renouveler l’expérience.


J’ai entendu par hasard que Stéphanie demandait à Claire de revenir vivre au manoir… Clémence et Olivier ont eux aussi tendu l’oreille à ce moment-là…

- Reviens vivre chez toi ma chérie, avec moi, et Alan.


- Certainement pas, Maman. Tu vois, chez moi, c’est ici. Chez Papa. Chez toi, je ne me suis jamais sentie chez moi. J’étais de trop…

Ma fille avait enlacé sa mère en lui disant cela, mais tout le monde avait entendu.


Stéphanie était outrée :

- Comment ?!

- Tu as très bien compris ce que je voulais dire, Ma-man !


Stéphanie avait alors décidé de partir, trop vexée par ce qu’elle avait entendu, et Claire ne l’épargna pas :

- Au revoir Maman ! A la prochaine !


Je pouvais deviner ce que pensait Claire. Heureusement Alan emboîta le pas à sa femme puis disparut de notre chaleureux foyer pour nous laisser enfin tranquilles.


Les soirées s’écoulaient paisiblement au sein de notre famille et nous avions l’impression que Claire avait toujours été parmi nous.


Un après-midi, alors que celle-ci accompagnait Michèle chez ses amis Quentin et Rose Chinon, elle assista au départ de feu d’un barbecue. Louise avait malencontreusement oublié d’éteindre les braises restantes et celui-ci s’était enflammé. Claire saisit courageusement un extincteur et éteignit le feu. Axel, le mari de Rose était présent également avec leur fils Bastien.


- Merci Claire. Grâce à toi, on a évité le pire ! remercia Louise.

- Oui. On te doit une fière chandelle, plussoya son frère.


Louise m’appela pour m’informer de ce qui s’était passé et me dire que les filles rentraient tout de suite à la maison. Elle pensait, à juste titre, que je devais m’inquiéter car elles avaient dépassé l’heure que nous leur avions fixée pour rentrer.


J’étais encore au téléphone avec elle lorsque les filles sont arrivées.

- Maxime, les voilà ! s’écria Clémence.


- Alors ? Il parait que tu es une héroïne, ma chérie ? dis-je en m’avançant vers Claire.

Derrière moi, j’entendis Michèle raconter la mésaventure à ma femme.


- Oh Papa ! Je suis contente d’être à la maison ! me répondit ma fille aînée, en me tombant dans les bras.


Nous nous étions installé tous les quatre au salon. Les filles avaient besoin de parler, et nous étions là pour ça.


- Crier et avoir peur n’empêchent pas d’avoir du courage, tu sais.


- En tous cas, je suis fier de vous deux, mes filles !

- Papa vous a-t-il déjà raconté son expérience avec un incendie ? questionna Clémence, l’air de rien.

- Mais non ! J’aimerais en savoir plus. Que s’est-il passé ?

Michèle était du même avis que sa grande sœur et désirait savoir quelle aventure avait vécu son Papa.


- C’est vrai ! J’avais l’âge de Michèle à l’époque... Et l’incendie avait encore lieu chez les jumeaux ! Décidément, on devrait leur supprimer le barbecue !

- Vous voyez, les filles, Papa aussi a été un héros en son temps !


 

Ce jour-là, nous fêtions l’anniversaire de Charles.

- Alors mon chéri, te sens-tu prêt à devenir un grand ?

- Oh oui, Maman. Je veux être comme Claire et Olivier !

Mon fils m’émerveillait. Comme tous mes enfants !


Et Charles souffla les bougies.


- Allez ! On met l’ambiance !


Et Charles grandit.


Le temps passait vite. J’avais maintenant trois enfants adolescents, et Michèle ne tarderait pas à les suivre.


Charles n’avait pas abandonné l’idée qu’il avait, étant plus jeune, de devenir athlète professionnel, et il était heureux d’avoir grandi, car il pourrait maintenant travailler sa forme physique plus sérieusement.


J’étais vraiment fier de lui mais je lui rappelai quand même qu’il fallait aussi qu’il travaille au lycée et n’abandonne pas ses études.

Il m’apprit alors qu’il venait de finir l’école avec un tableau d’honneur et que je ne devais pas m’en faire.


Je laissai alors exploser ma joie :


Chris et Nadège prirent congés au moment où Michèle s’adressa à sa fratrie :

- Claire a éteint un incendie, hier soir !


Ses frères tombèrent presque muets de stupéfaction :


A la nuit tombée, je décidais, sur un coup de tête d’emmener mes trois aînés au Velours Bleu pour y terminer l’anniversaire de Charles en beauté. Avant de partir, je passais rapidement un appel à Nadège pour qu’elle nous y rejoigne. Clémence s’est proposée pour rester regarder des dessins animés avec Michèle et passer une soirée mère-fille tranquille.


Lorsque nous arrivons, il y a déjà du monde. Mon meilleur ami Max est là en train de siroter un verre. Olivier n’a d’yeux que pour une petite brunette qui porte des tresses. Elle me rappelle Clémence au même âge. Elle aussi avaient des tresses et j’en pinçais drôlement pour elle.


Je suis heureux de trouver Max. Nous sommes tellement pris par nos occupations respectives que nous n’arrivons même plus à nous voir.


Nadège nous a rejoints, à ce moment-là, et a dit à Charles que Chris ne viendrait pas car il voulait nous laisser en famille. Je pouvais lire la déception sur son visage et je le comprenais. Chris faisait partie de notre famille, de sa famille.


J’essayais de faire diversion. Je me félicitais intérieurement d’avoir réussi à lui arracher un sourire.


Plus la soirée avançait et plus les conversations allaient bon train. Charles avait retrouvé le sourire, Claire était radieuse et Olivier s’était même mis à faire ses devoirs ! Décidemment, je crois que je ne le referai pas celui-là ! Pourtant, il avait rattrapé son retard scolaire grâce à la présence d’Hélène.


J’ai aperçu au comptoir Mégane Fitzgérald. La dernière fois que nous nous sommes vus, il y a une dizaine d’années maintenant, nous nous étions quittés en très mauvais termes. D’ailleurs, encore aujourd’hui, elle m’a royalement ignoré. J’ai l’impression qu’elle connait la jeune brunette.


Bien que nous nous soyons couchés tard la veille, Claire s’est levée de très bonne heure le lendemain pour s’occuper du jardin. Elle s’intéresse aux mêmes choses que moi, comme la mixologie, la cuisine ou le jardinage.


Clémence et moi pouvons donc nous permettre de souffler de temps en temps grâce à elle, car elle nous donne de sérieux coups de main.


Nous nous ménageons donc des soirées régulières avec nos amis tandis que Claire est enchantée de rester s’occuper de sa petite sœur.

Je sors souvent avec Max, Axel, Louis et Chris.


Clémence, de son côté, n’a que deux véritables amies : Louise et Nadège, qu’elle a appris à connaître au fil des ans. Et puis, elles se connaissaient déjà au lycée. Elle n’a jamais lié d’amitié avec Stéphanie ou Hélène.

Ma femme apprécie beaucoup ces petites soirées entre filles. Elles lui avaient beaucoup manquées.


Mes enfants, quant à eux, sortent souvent ensemble. Et ils n’oublient jamais leur petite sœur.


La plupart du temps, ils vont prendre l’air et discuter au parc de Newcrest. C’est un peu leur quartier général, loin de leurs parents.


C’est là qu’Olivier apprit à ses frères et sœurs le béguin qu’il avait pour cette jolie brune croisée au bar lors de l’anniversaire de Charles. Il avait réussi à lui parler quelques minutes et à lui donner son numéro de téléphone.

- Elle s’appelle Amandine.

- Et tu crois qu’elle va t’appeler ? demanda Charles.


C’est aussi ici que mes enfants aiment faire leurs devoirs (enfin, quand ils en ont envie, bien sûr !).

- Qu’est-ce que tu en penses, toi, Claire ?


- J’en pense que tu es trop beau gosse ! Elle va t’appeler !

- Pas faux !

- Ouais ! Merci les frangins. Vous me remontez le moral !


Charles sonna l’heure du départ :

- Allez, c’est l’heure ! Il faut y aller !

- Oh non, pas déjà ? supplia Michèle.

- Et si sœurette ! Papa et Clémence nous attendent pour dîner.


- Quelle belle journée on a eue ! Saviez-vous qu’Olivier a le cœur qui bat pour une fille ? nous annonça Claire au dîner.

- Ne serait-ce pas cette petite brune qu’il a vue au Velours Bleu ? Avec des tresses ?


- Oui c’est elle ! Et il a l’air complètement mordu ! Pas vrai Michèle ?

- Oui. Il est amoureux, c’est sûr !


- Tu entends ça, Clémence ? Notre Olivier est amoureux !

- Il lui a même donné son numéro de téléphone !


- Mais comment c’est possible ? Je croyais qu’il ne lui avait pas parlé.

- Il faut croire que si ! Quelques minutes, m’a-t-il dit...

Clémence et Claire étaient toutes deux survoltées à l’idée qu’Olivier soit amoureux.


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