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  • Photo du rédacteurNathalie986

G4/ Chapitre 24 : retrouvailles


J’emmenai Bastien à l’écart afin de m’exprimer librement, loin des filles, au cas où il opposerait un refus à ce que je voulais lui demander :

- Etant donné que Reine et Stéphane n’ont pas besoin de nous, nous pourrions peut-être inviter Elsa pour l’anniversaire de Lucie. Ça lui ferait du bien. Tu as vu toi-même ce qu’elle doit supporter là-bas !


- C’est non ! On ne fait pas venir Elsa à la planque !

- Et pourquoi pas ? Elle fait partie du B.P.E.H, non ?! C’est toi qui l’as recrutée, tout de même !


- Et puis c’est notre belle-sœur... Tu n’as plus confiance en elle ?

- Bien sûr que si. Mais une planque ne reste une planque qui si un minimum de personnes en connaît l’adresse.


- Oui mais nous parlons d’Elsa... Elle ne le dira à personne. En plus sa fille est ici !

- D’accord ! Tu as gagné ! On fait venir Elsa.


- Tu es un amour. Je te remercie.

- Bon, n’en fais pas trop ! Va l’appeler !


- Elsa ? Oui c’est Mylène ! Je suis avec Bruno ! J’ai un truc à te proposer !


- ... Bien sûr qu’il est d’accord ! Il est devant moi !

- Mais elle m’a forcé la main !


- Non, ne l’écoute pas ! Il est ravi !


- Ok. Va informer Reine et Stéphane. J’attends.

- Tu crois qu’ils vont dire oui ? me demanda Bastien.


- Je ne sais pas. J’attends...

- Quel suspens !


- Allô ? Oui... Alors ?


- Formidable ! On t’attend demain dans ce cas ! C’est Céline qui va être contente !


- Nous avons fait deux heureuses aujourd’hui mon amour !

- Et tu es la troisième ! Tu es tellement prévenante envers tout le monde.


- Justement, Céline verra sa mère demain mais Lucie, non. C’est vraiment dommage, tu ne crois pas ?

- Michèle ! Je t’arrête tout de suite ! Il est hors de question que Claire vienne ici !!


- Mon chéri ! Ce ne serait pas juste ! C’est Lucie qui fête son anniversaire et elle n’aurait pas le droit de voir ses parents qu’elle n’a pas vue depuis deux ans ! Alors que Céline aura le privilège de serrer sa mère dans ses bras !

- Tu parles de SES parents ? Tu veux dire Claire et Alistair ?


- Ce serait un beau cadeau, n’est-ce pas ?

- Michèle, arrête de me manipuler, ça ne me plait pas du tout !


- Je ne veux pas te manipuler... J’ai juste envie que Lucie ait un bel anniversaire.

- Je le sais bien...


- Est-ce que tu te rends compte qu’elle a passé ses deux dernières années d’adolescence sans voir ses parents ? Et Céline aussi, d’ailleurs ?

- Parce que tu crois que je ne le sais pas ?


- Ce n’est pas normal comme situation. Essaye d’imaginer ce qu’elles peuvent ressentir... Et leurs parents ?...

- Chérie... Je n’ai jamais dit que cette situation était normale.


- En plus, il n’y a plus de danger...

- Et comment peux-tu affirmer une telle chose ?


- Nous les avons tous arrêtés, non ?

- Ça, on ne le sait pas ! Nous n’avons même pas encore procédé aux interrogatoires !


- Mais ce n’est qu’une question de jours, non ?

- Peut-être ! Mais en deux jours, il peut s’en passer des choses !


- Je n’y crois pas ! Charlotte, Houda et Sébastien n’ont aucun moyen de communication là-bas. Tu as vu où ils sont enfermés ?

- Mais peut-être ont-ils eu le temps de prévenir leurs comparses avant leur arrivée au Donjon !


- Tu sais que c’est impossible...

- Rien n’est jamais impossible. Et si je suis toujours en vie, c’est parce que je me suis toujours imposé cette règle d’or, Michèle. Alors, imagine que pour ma famille, je l’applique dix fois plus !


- Je comprends... Mais je suis tellement triste...

- A moins que...


- A moins que quoi ?

- A moins qu’avec la complicité, d’Elsa, nous les fassions tous venir les yeux bandés. Y compris Charles !


- Tu veux dire que Charlie aussi pourrait venir ?

- C’est ce que je veux dire. Pourquoi Lucie aurait-elle droit à son père et sa mère, alors que Céline n’aurait que sa mère ? Mais tu me l’aurais demandé de toute façon...


- Oh merci mon chéri !

- Ne me remercie pas. Ça me fait autant plaisir qu’à toi !


- Tu sais ce qui serait bien, mon amour ? Que Lucie et Céline fêtent leurs anniversaires en même temps. Ainsi elles auraient leurs parents près d’elles. Ce qui ne serait pas garanti pour Céline. On ne sait pas où on sera dans deux jours...

- Ton idée est excellente, comme toujours...


- J’ai tellement envie que demain soit une belle journée pour tout le monde !

- Elle le sera. Je te le promets.

- Et ce sera grâce à toi.

- Grâce à nous, tu veux dire.


- Mais les filles ? Tu crois que l’idée va leur plaire ? Il faudrait peut-être leur demander leur avis...

- C’est ce que je compte faire ! Et tout de suite !


- C’est pas la peine ! Merci Tonton ! Merci Tatie ! J’ai tout entendu. Je suis d’accord !


- C’est impeccable mais Lucie ? Il faut aussi qu’elle soit d’accord !

- Je me charge de lui parler ! Faites-moi confiance.


- Comme tu veux.

- En attendant j’aimerais vraiment vous dire quelque chose... J’aimerais devenir agent secret, comme vous...

- Agent secret ?


Je tombai des nues :

- Ça alors ! Pour une surprise !

- Et vous en dites quoi ?

- C’est surprenant, en effet. Tu sais que c’est un métier sérieux n’est-ce pas ?


- Sérieux et dangereux, ajoutai-je. Ça n’a rien d’aussi drôle qu’à la télévision.

- Tatie ! Je le sais ça. Je vais devenir adulte dans deux jours ou même demain si Lucie est d’accord. Je ne suis plus une enfant.

- Et je peux savoir ce qui te plaît dans ce métier ? questionna Bastien.


Céline se tourna vers lui, étonnée :

- Tu me fais subir un entretien d’embauche, là ?

- Oh non ! Surtout pas. D’autant plus qu’en l’état actuel des choses, je ne pourrais pas t’embaucher.


- Et pourquoi ça ?

- Primo, tu es sous protection de nos services... Et secundo, tu es beaucoup trop chétive. Il faudrait faire un peu de sport...


- Et c’est obligé, ça ? Le sport ?

- Ne me redemande plus jamais une telle chose ! Tu es la fille d’un joueur de foot professionnel, en plus ! Demande-lui, à ton père, si c’est obligé le sport !


Je décidai d’appuyer mon mari :

- Oui, c’est obligé Céline et tu auras remarqué que Tonton ne plaisante pas avec ça. Et quand il m’entraîne à me battre, il ne rigole pas non plus d’ailleurs...

- J’espère bien ! Et puisque tu en parles, il va falloir qu’on s’y remette !


- Mais c’est génial ! Je pourrai être entraînée par deux pros !

- Et pourquoi tu ne commences pas par ton père ? En plus, cela lui ferait plaisir.


- Bastien, arrête !

- Tonton ? Tu ne veux pas m’aider ou quoi ?

- Bien sûr que si ! Non seulement je le veux mais en plus, je vais le faire !


- Et moi aussi, ma chérie.

- Ouf, j’ai eu peur une seconde...


- Je te promets que je serai une élève attentive et motivée, Tonton !

- Mais on y compte bien ! N’est-ce pas chérie ?


 

Le soir-même, Céline discuta avec Lucie de ma proposition de faire leurs deux anniversaires en même temps, le lendemain.

- C’est une super idée !


- En plus, ça veut dire que dorénavant, nous vieillirons toujours en même temps !


- Oui mais il ne faudra pas oublier que c’est quand même moi la plus jeune.

- Après demain, ce ne sera plus le cas !


Pendant que Céline parlait à sa cousine, Bastien me proposa de boire un jus. Il était tard et nous aspirions à un peu de tranquillité après cette journée riche en émotions.

- Tu te rends compte ? Demain elles seront adultes et prêtes à voler de leurs propres ailes...

- Oui, j’ai du mal à l’imaginer...


- Tu as bien fait d’insister pour que l’on fasse venir leurs parents. Au moins, ils pourront les voir encore un peu adolescentes...

- Oui...


- Nous, nous avons eu la chance de les voir grandir pendant deux ans, chance qui leur a été volée...

- Mais elles sont en vie ! Ces malotrus ne les ont jamais trouvées.


- J’espère bien ! Je considère ces petites comme mes propres filles !

- Quel bonheur de t’entendre dire ça !


- Nous avons vraiment passé de merveilleux moments dans cette maison avec elles. Il ne faudra pas l’oublier...

- Je pense que je ne l’oublierai pas, tu sais...


- Mais nous avons eu aussi quelques moments difficiles...

- Quelle importance ? Ils sont déjà oubliés ceux-là. Et si nous profitions de ce moment de calme tous les deux ?


- Ah parce que tu reconnais quand même que nous n’avons pas eu beaucoup de moments à nous ces deux dernières années...

- Oh ça oui, je le reconnais !


- Entre les « Tatie, tu peux m’expliquer un truc ? ».

- Ou « Tonton, je peux te demander quelque chose » ?


- Et les devoirs. Et le travail supplémentaire...

- Et les projets scolaires ! Rappelle-toi le jour où Lucie, Céline et Linette en avait un chacune ! Un vrai défi !


- Oui. Buvons à ces moments particuliers qui ne nous manqueront pas ! Et à tous ceux que nous regrettons déjà !


- Coucou les amoureux !


- Céline ! m’exclamai-je. Tu es déjà là ?

- Tu ne m’avais pas dit qu’on serait tranquilles un moment ? me demanda Bastien.

- Ça fait toujours plaisir à entendre ce genre de choses, Tonton...


- Mais bon, faites comme si je n’étais pas là !

- Je t’avoue que ça va être difficile ! Et qu’est-ce que tu viens faire là d’abord ?


- Je viens vous dire que Lucie est d’accord pour qu’on fête nos anniversaires ensemble. C’est ce qui était convenu, non ?

- Eh ben voilà ! Fallait le dire plus tôt ! Je vais vous laisser entre filles.


- Tonton, je ne te chasse pas...

- Ma chérie... On se retrouve plus tard... Ne t’en fais pas Céline, je ne me sens pas chassé.


- Tant mieux parce que ça m’aurait beaucoup gênée...

- Je suis assez grand pour dire aux gens quand ils me dérangent. Et ce n’est pas ton cas.


- Amusez-vous bien les filles ! Je vais aller border Linette.

- A tout à l’heure, mon amour !


- Ne lui en veux pas. Il pensait juste passer un peu plus de temps seul avec moi.

- Oh mais je le sais ! Il est génial !


Lorsque Bastien se fut éloigné, Céline me posa beaucoup de questions sur notre métier. Elle était sincèrement intéressée et toutes ses questions étaient fort pertinentes


Son enthousiasme entraînait le mien et je me fis un plaisir de lui conter toutes les facettes de mon métier que j’adorais ! Je n’oubliais pas de lui parler de notre ancêtre Christophe qui m’avait beaucoup inspirée. C’était en grande partie grâce à lui que j’avais embrassé cette carrière.


Malheureusement, il me fallut aussi lui parler des côtés beaucoup plus sombres de cette carrière si formidable, et de ces choses que nous voyons ou faisons parfois, alors qu’elles ne sont pas dans notre nature...


Céline semblait comprendre mon désarroi à travers ma voix hésitante, et elle m’assura qu’elle saurait faire face à ces difficultés, tout comme moi.


J’avais beau lui expliquer que ce n’était pas si facile que ça, que sa mère vivait aussi de pénibles instants en ce moment, rien ne paraissait l’ébranler.


Je finis par la convaincre que sa mère et son père seraient ses meilleurs alliés, même si Bastien et moi serions toujours là pour elle ; sa mère, car elle avait rejoint la carrière deux ans plus tôt à peine, et son père car il était un athlète de haut niveau capable de l’entraîner avec brio. Puis elle alla enfin au lit.


J’en profitai donc pour appeler Elsa pour qu’elle ramène Charles à la fête...


...puis Claire. Ma sœur se demandait si elle ne rêvait pas, et j’entendais Alistair hurler de joie derrière elle !


 

Le lendemain vit le jour des retrouvailles de mes nièces avec leurs parents.


Il y eut beaucoup d’embrassades, de rires et même des larmes de joie avant que nous ne rentrions dans le vif du sujet : les anniversaires. C’est Lucie qui ouvrit les festivités.


- Ça y est Lucie ! Tu es une adulte ! Et tu as soufflé avant moi, donc je serai toujours la plus jeune.


Les congratulations allaient bon train...


...mais nous avions encore un autre anniversaire en suspens.

- C’est ton tour maintenant, Céline !


Mes trois nièces étaient à présent devenues des adultes. J’avais l’impression qu’une page se tournait. Heureusement, il restait encore un peu de temps à Linette avant d’en arriver là.


A la fin de cette belle journée, nous nous apprêtions à dire au revoir à tout le monde lorsque Céline nous annonça qu’elle souhaitait rester avec nous. Ce fut un choc pour Charles et Elsa qui se faisaient une joie de la ramener à la maison.


Tandis que Céline tentait de consoler sa mère, j’allai voir mon frère pour le rassurer et lui dire que la situation ne durerait maintenant plus très longtemps.


Pendant ce temps, Lucie n’en finissait plus de remercier Bastien pour avoir fait d’elle une jeune adulte responsable.


Claire, elle, était très heureuse de pouvoir me serrer à nouveau dans ses bras.


Elle ne cachait pas sa joie de nos retrouvailles, ni celle de ramener sa fille à la maison.


Et Charles était sincèrement heureux pour elle.


Alistair, plus discret, s’était éloigné pour nous dissimuler quelques larmes d’émotion.


- Il faut encore que je vous parle à Maman et à toi, annonça Céline à mon frère. On peut aller dehors ?


Et Céline annonça à ses parents son choix de carrière. Elsa essaya de la dissuader...


...tandis que Charles était vraiment contrarié.

- Mais qu’est-ce que vous avez toutes ! Tu crois que je ne me fais pas assez de soucis comme ça pour ta mère et pour ta tante !

- Papa, s’il te plait. C’est une vocation, une évidence pour moi. Je dois protéger les héritiers de notre famille.


Leur discussion dura un petit moment puis je vis qu’elle avait réussi à les rallier à sa cause.


Enfin presque. Mon frère s’était surtout résigné.


Il s’en alla avec Elsa juste après cela. Je pense qu’il en avait gros sur le cœur mais, qu’en bon père, il respectait le choix de sa fille.


Le regard de Céline croisa le mien. J’y lisais du soulagement.


Il nous fallut ensuite dire aurevoir à Alistair, Claire et Lucie.


Je sais que ma nièce me manquera malgré son caractère de cochon.


La vie m’avait vraiment joué un sale tour, en me séparant de cette grande famille que j’aime tant.


Je ne pouvais m’empêcher de penser à Olivier, mon frère aîné, que je n’avais pas vu depuis trop longtemps.


Lorsque nous sommes arrivés ici, nous n’aurions jamais pensé y rester autant de temps.


Et même si nous avons des nouvelles régulières, rien ne vaut le plaisir de serrer un être cher dans ses bras. J’espérais de tout cœur que la situation n’allait pas durer, comme je l’avais promis à Charles.


Lucie s’éloigna finalement, avec son père et sa mère.


Après le départ de la famille, Bastien et moi tînmes à remercier Céline d’être restée avec nous. Elle nous ôtait une belle épine du pied car nous nous demandions comment nous allions faire pour Linette. C’était la raison de sa décision, nous a-t-elle d’ailleurs avoué.

- Merci encore ! En plus, nous devons repartir ce soir. Je ne sais pas comment nous aurions fait.

- Surtout qu’il n’était pas question de faire venir une baby-sitter ici !


- Ne vous en faites pas. Vous pouvez partir tranquille. Je rangerai tous les vestiges de la fête.

- Tu es merveilleuse.

- Et est-ce qu’on pourra aussi aller se promener dehors ? Il fait encore jour, supplia presque Linette.


- Là, tu en demandes beaucoup trop ! Il y a encore du danger, refusa Bastien.

- S’il te plaît ! J’en ai marre d’être enfermée ici !


- Chéri, il y a nettement moins de danger, quand même, lui opposai-je.

- Et tu as dit que tu avais arrêté les méchants, Papa...


- Je ne l’emmènerai pas loin, et pas longtemps, promit Céline

- Bastien... le pressai-je à mon tour.


Mon mari finit par céder :

- Bon c’est d’accord. Apparemment il y a un complot contre moi.

- Ouais, génial ! hurla Linette.


- Mais attention ! Quand je dis on rentre, on rentre ! précisa Céline à notre fille.

- C’est juré !


- Ne te fais pas de soucis Tonton. Je vais bien m’occuper d’elle. Je suis là pour ça.

Je pris Linette dans mes bras :

- Allez, passe une bonne soirée, ma chérie.


- Et surtout, obéis à Céline.

- C’est promis.


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