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  • Photo du rédacteurNathalie986

Prologue 2/4 Injustice


En arrivant devant chez moi, Elsa et moi nous sommes mises à imiter mes parents.

- Alors, très cher, croyez-vous que cette petite Elsa pourrait venir jouer avec notre Perrine ?

- Certainement pas Darling ! Elle est bien trop pauvre !

Nous rîmes comme des baleines puis décidâmes d’aller jouer sur l’échelle horizontale.


- Quelle belle soirée ! Cela fait du bien d’être tranquille sans mes parents !


Je n’avais pas vu que mon père était juste derrière la fenêtre, sûrement occupé à travailler dans un premier temps mais qu’il devait nous observer maintenant depuis un moment.

- Allez, encore un tour ! On va avoir des muscles de garçons !


C’est Elsa qui m’alerta.

- Ton père est dans son bureau. Il faut filer.


Nous étions persuadées qu’il ne nous avait pas vues.

- Ouf ! On l’a échappé belle !

- Euh... Bonsoir, Madame Chevalier.


Maman arriva juste derrière moi.

- On peut savoir où tu étais jeune fille ? Je ne crois pas que ce soit une heure pour rentrer.

- J’étais chez Elsa, ne t’en fais pas.


- C’est ma faute, Madame. Ne la grondez pas.

- Toi, rentre chez toi. Je ne veux plus te voir ici, dévergondée que tu es !

- Maman, s’il te plait… Ne fais pas ça…



Mais je dus regarder s’en aller la seule amie que j’avais. Elle avait les larmes aux yeux, et moi aussi.

Je ne pus même pas la consoler car Maman resta avec moi jusqu’à ce qu’Elsa eût franchi le portail.


Je me ressaisis très vite afin d’expliquer à Maman qu’elle se trompait sur Elsa. Elle vivait comme nous dans une grande maison, avec une grande piscine et elle possédait les mêmes belles choses que nous.

- Sa sœur a même un piano dans sa chambre ! Tu vois, ils sont comme nous !

Maman me laissa parler mais je ne pus la convaincre. Elle m’informa que j’étais punie jusqu’à nouvel ordre. Je devrai rentrer directement à la maison après l’école et le cours de théâtre et ne plus jamais voir ni parler d’Elsa.

Elle m’envoya me coucher.


Une fois en chemise de nuit, je redescendis voir Papa en pleurs pour tenter de lui faire comprendre combien Elsa était gentille. Il avait visiblement déjà parlé avec Maman mais il prit la peine de laisser son article de mode pour m’écouter.


- Le monde des adultes est compliqué Perrine. Tu t’en rendras compte plus tard. Nous sommes tes parents, nous te protégeons.

- Mais de quoi ?

- Allez, viens dans mes bras, ce n’est qu’un gros chagrin.

Ce n’était pas qu’un gros chagrin mais mon père me prenait si peu dans ses bras que j’y suis allée.


Papa m’informa que ma « tendre mère » avait déjà donné des ordres à Amandine pour qu’elle surveille de plus près mes allées et venues. Elle devait aussi leur signaler toute personne qui rentrerait à la maison avec moi. Elsa était bien entendu persona non grata dans notre maison.


Je m’apprêtai à raconter tous mes malheurs à Amandine, la seule personne qui me comprenait dans cette maison, lorsque ma mère surgit de nulle part pour lui rappeler que c’était elle qui donnait les ordres et non moi, et qu’elle devait s’y tenir sous peine d’être renvoyée.

- Bien sûr Madame. Après toutes ces années à votre service, je ne vois pas pourquoi il en serait autrement.

- J’apprécie votre loyauté Amandine. Enormément.


Maman s’enorgueillit alors de sa toute-puissance.

- Tu as compris jeune fille ? Amandine est de notre côté, à ton père et à moi. Inutile de la soudoyer avec tes beaux yeux.

- Tout à fait Madame.


Quand ma mère fut partie…

- Comment as-tu pu me faire ça ?!!!

- Ma chérie, crois-tu vraiment que je préfèrerais la « grande diva » à ma petite Perrine ?

- Tu m’as bien eue, j’ai eu tellement peur.

- Il ne fallait pas. Je sais quoi dire à ta mère.

Je compris alors que quoi qu’il arriverait, Amandine serait toujours à mes côtés.


Puis elle devint sérieuse :

- Perrine, nous allons attendre que les choses se tassent puis je te propose une chose : je fermerai les yeux quand tu iras voir Elsa mais à la condition que l’on se mette d’accord sur ton heure de retour à la maison. Il faudra que tu sois patiente et que tes parents te lâchent un peu la bride avant que nous puissions en arriver là. Je peux compter sur ta coopération ?

- Tu ferais cela pour moi ?

- Bien sûr. Alors, je peux compter sur toi ? Je risque ma place tu sais.

- Oh oui, tu peux !

Je serrai alors Amandine très fort dans mes bras.

- Je t’aime fort, Amandine

- Moi aussi, ma chérie.


Je passai les semaines qui suivirent à travailler plus que de raison. Ma mère n’était jamais bien loin de moi.


Je faisais celle qui était très concentrée afin d’éviter toute conversation. Cela marchait toujours. Elle s’asseyait près de moi sans me parler… Je lui en voulais vraiment pour ce qu’elle pensait d’Elsa.


Alors je m’isolai dans ma chambre pour ne pas avoir à la croiser.


Ou j’allai dans le jardin, près de l’entrée, dans ce petit coin tranquille que j’adorais mais où je sais qu’elle ne mettait jamais les pieds. Je voulais devenir quelqu’un de bien plus tard mais surtout pas une actrice capricieuse comme Maman.


J’avais entendu les adultes parler à son sujet. Il parait qu’elle menait la vie dure à tout le monde sur le plateau de tournage. Elle refusait même de jouer, faisant perdre du temps et de l’argent à la production.



Elle s’en prenait vraiment à tout le monde, tout cela avec le sourire, mais l’équipe de son dernier film n’en pouvait plus.

Ces caprices de star avaient tellement rejailli sur toutes ces personnes que les journaux avaient commencé à en parler…

Quelqu’un avait certainement « cafté » et Maman pensait que c’est le caméraman.


Certains de ses amis acteurs étaient venus à la maison pour lui dire que la situation était tendue…


Et de plus en plus de paparazzi s’imposaient chez nous pour saisir des instants uniques ou des conversations qu’ils n’auraient jamais dû entendre…


Quelques temps après, Amandine surprit une conversation téléphonique entre Maman et un interlocuteur mystère. Elle disait qu’elle se rendait disponible pour venir et serait présente aussi longtemps qu’il le faudrait. Puis Maman disparut de la maison du jour au lendemain.


J’allais questionner mon père qui, d’un air défait, m’apprit que ma mère était partie en cure et qu’elle ne reviendrait pas avant un long moment.


Je sais que mon père était triste. Je le surpris à plusieurs reprises, alors qu’il se croyait seul, à se prendre la tête entre les mains… Pourtant, chaque fois que je les voyais ensemble mes parents se disputaient toujours. Peut-être s’aimaient-ils finalement…


Papa s’enferma alors à clé dans son studio et il n’était pas question de le déranger.


Il se laissa envahir par le travail… Et lorsqu’il finissait, il s’enfermait dans sa chambre. Je ne le vis plus durant un moment.


De mon côté, je me mis à travailler mes répliques avec beaucoup de sérieux. Je désirais que Maman soit fière de moi lorsqu’elle reviendrait de sa cure, une fois seulement et je serais tellement heureuse.


Je continuai aussi à travailler d’arrache-pied pour obtenir les meilleures notes possibles. Je m’installai souvent près d’Amandine qui adorait lire lorsqu’elle était en pause. Et lorsque nous avions fini, nous discutions toutes les deux dans les bras l’une de l’autre.

- Tu as besoin de repos, ma chérie. Tu n’arrêtes pas, entre tes devoirs et le théâtre…

- Tu passes tes journées à travailler, tu améliores tes répliques la nuit et le lendemain, tu repars à l’école… Ce n’est pas une vie de petite fille, cela. Tu as besoin de distraction.


Amandine se préoccupait toujours de moi…

- Pourquoi n’irais-tu pas voir Elsa cet après-midi ?

- C’est vrai ?

- Bien sûr ! Mais tu me promets de dormir cette nuit !

- Je promets !


Cet après-midi-là, je me mis à faire de la balançoire, ce que je n’avais fait depuis longtemps. Je me sentis libre ! J’avais hâte de voir Elsa. Nous avions rendez-vous au marché aux puces à quinze heures.


Lorsque je retrouvai Elsa, celle-ci fut ravie de savoir que nous avions jusqu’à dix-huit-heures pour profiter de notre temps libre.


Nous nous précipitâmes alors vers le terrain de basket. Nous adorions le faire avant que mes parents ne m’interdisent de voir Elsa et avions retrouvé ce jour-là toutes nos vieilles habitudes.


Nous jouâmes des heures durant. Mais l’heure s’annonça où il fallut que je rentre à la maison pour n’éveiller aucun soupçon, et surtout pas ceux de mon père…


Elsa et moi nous serrâmes la main, suite à ce fabuleux match qu’elle avait gagné haut la main ! Nous nous promîmes de nous revoir très vite.


Grâce à Amandine et durant l’absence de Maman, Elsa et moi pûmes souvent nous retrouver en dehors de nos maisons, ainsi je n’enfreignais aucune règle. Le marché aux puces était notre endroit préféré. Un soir, alors que sa grande sœur nous y avait accompagnées, j’y croisai Paul, mon ancienne nounou de mes années bambinette.


Les retrouvailles furent émouvantes. Je fis promettre à Paul de venir à mon anniversaire. J’allai devenir adolescente deux mois plus tard et je le voulais à mes côtés ce jour-là avec Amandine et Elsa.


Puis un soir, Maman revint à la maison… Nous étions en train de jouer dehors, Amandine et moi. Mes parents ont discuté un long moment au salon puis mon père prit Maman dans ses bras. C’était la première fois que je voyais une marque d’affection entre eux.


Je ne vis plus jamais ma mère avec un verre de nectar à la main.


Au lieu de cela, elle passait beaucoup de temps sur son ordinateur ou à regarder des films en noir et blanc à la télévision.


Elle reprit aussi son rôle de maîtresse de maison en faisant tous les matins le point avec Amandine sur les repas de la journée et autres tâches ménagères.


Le studio de Papa n’était plus fermé à clé et je pouvais de nouveau aller y faire mes devoirs.


Un soir, Papa et Maman m’emmenèrent chez une star de leurs amis afin que je fasse la connaissance de son fils. Ils voulaient que je me fasse de amis dans, je cite, mon « milieu ».



J’avais déjà aperçu Orange, le fils en question, dans une série sur la chaîne préados. Il y avait un rôle de sale enfant gâté. Aussi, j’avais appréhendé de le rencontrer. Il s’avéra qu’il était complètement à l’opposé du personnage qu’il jouait sur le petit écran et nous sympathisâmes tout de suite.


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