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  • Photo du rédacteurNathalie986

Prologue 3/4 Adolescence


Un mois plus tard, je fêtai mon anniversaire avec Elsa, Orange et Amandine. Mes parents n’eurent même pas la délicatesse de se montrer, trop pris, qu’ils me dirent, par leurs obligations professionnelles.


Heureusement, Amandine organisa tout et nous passâmes une magnifique soirée.


J’étais entourée des personnes qui comptaient le plus pour moi, et seul cela compta. Je surpris même ce jour-là des regards émotionnés entre mon copain Orange et mon amie Elsa. Peut-être quelque chose se tramait-il ?


Nous en discutâmes avec Amandine lorsqu’ils furent partis et elle était du même avis que moi. Nous verrions bien ce que leur réservera l’avenir…


Afin de prolonger l’instant, Amandine et moi jouâmes au baby-foot une heure encore avant d’aller nous coucher.


Paul vint me souhaiter un bon anniversaire le lendemain matin. Il ne put pas se libérer la veille au soir car il devait s’occuper d’un petit bambin dont les parents travaillaient très tard.


Mais il ne m’avait pas oubliée, il était venu. Nous restâmes un moment sur la terrasse à nous retrouver et à nous raconter nos vies respectives. Paul était désolé pour moi de l’attitude de mes parents mais il n’avait pas l’air étonné. Il me dit que mes parents m’aimaient certainement à leur façon. Je pense que ce fut la seule explication qu’il trouvât pour me remonter le moral.


Je continuai mes activités le plus sérieusement du monde : étudier mes leçons et étudier mes répliques pour devenir une bonne actrice, même si la dernière était particulièrement fastidieuse pour moi et que je savais pertinemment que jamais je ne serai actrice.


Maman, elle, reprit sa profession au sérieux. Elle mangeait même avec l’équipe du tournage et ne s’enfermait plus dans sa loge. Elle était adorable avec les habilleurs et portait tous les costumes prévus pour le film en cours.


Elle ne retarda plus aucun tournage, ce qui fait que les films se terminaient tous dans les temps : une première pour tous les producteurs ayant eu à faire à de grandes stars du cinéma. Maman tourna deux films en trois ans, un exploit considérable. Tous les journaux parlaient d’elle et en firent une actrice exemplaire que tous souhaitèrent s’arracher.


Toute cette notoriété ne contribua malheureusement pas à ce que ma mère se rapprochât de moi. Je décidai donc, contre son interdiction donnée quelques années auparavant, de planter des fleurs dans la serre (ma serre, d’ailleurs, personne d’autre n’y mettait les pieds). J’y plantai donc des jacinthes (mes fleurs préférées, et des marguerites).


Je surveillai leur éclosion future avec grand intérêt mais je me souviens que cela n’avait pas été immédiat, et je sais maintenant que c’est cela qui fait tout le charme du jardinage.


Durant mes années adolescentes, mon père se rapprocha de moi, si j’ose dire… Il me proposa un jour de l’accompagner à Willow Creek pour aller pêcher.

Mais je m’aperçus très vite qu’un drone flottait autour de nous alors que j’essayai de discuter avec lui… Cela me « coupa la chique ». Il voulait juste faire une vidéo sur laquelle j’apparaissais avec lui, une vidéo qu’il titrerait une bonne partie de pêche entre père et fille j’imagine. Il montrerait ainsi à quel point il est un bon père.


Je me confondis alors en excuses puis m’éloignai. Je fis quelques pas puis me retrouvai devant un arbre si beau que je restai immobile devant lui durant un instant. J’eus le sentiment que cet arbre m’appelait mais la peur me saisit et je fis demi-tour.


Lorsque je revins vers mon père, il était toujours en train de pêcher (avec son drone en observateur) !


Et lorsque je lui parlai de cet arbre particulier, il m’invita fortement à revenir à des choses plus séreuses. J’avoue d’ailleurs, qu’ensuite, je n’y ai plus jamais repensé.


J’oubliai toute cette histoire et continuai ma vie d’ado insouciante en jouant à « Blic-bloc » ou en écoutant de la musique « fun » sur la super platine qui avait été installée dans ma chambre d’adolescente (et oui, j’avais oublié de vous le dire mais à l’adolescence, mes parents m’imposèrent encore une nouvelle chambre).


Heureusement, Amandine était toujours là sous prétexte de faire le ménage (qu’elle faisait vraiment en réalité !).


Et nous discutions encore des heures elle et moi. Pour mes parents, il n’y avait rien d’étonnant à cette époque qu’elle passât autant de temps dans ma chambre puisqu’ils imaginaient un véritable capharnaüm alors qu’ils n’y mirent jamais les pieds. (C’était une chambre d’ado après tout !).


Chaque soir ou presque je m’installais dans ma serre pour parfaire mes connaissances en jardinage et attendre que mes plantes sortent de terre. Il me tardait de voir apparaître les jeunes pousses de ses fleurs que j’avais amoureusement plantées.


Je ne me lassais pas non plus de regarder les magnifiques lumières de la ville et je m’estimais chanceuse d’en avoir une si belle vue depuis notre maison.


Parfois, je voyais ces lumières de très près lorsque Papa et Maman m’emmenaient au Studio PBP pour me « faire connaître » du beau monde ! La plupart du temps, nous y croisions Thorne, le papa de Orange. Je crois qu’il aimait bien être reconnu.


Ces soirs-là étaient aussi pour moi des occasions pour discuter avec Papa. Plus je grandissais et plus il semblait éprouver de l’intérêt pour moi. Maman, elle, était toujours égale à elle-même et froide comme un glaçon.


A maison, rien ne changeait. La vie avait repris son cours et j’étais souvent seule.

Cela faisait quelques nuits que je faisais des rêves très bizarres, plus que des rêves... Comme si une voix me parlait dans mon sommeil, une voix que j’avais identifiée comme étant celle du Créateur... Ces rêves paraissaient tellement réels que je ne savais pas trop quoi en penser.

La première nuit, la voix m’avait informée que le monde tel que je le connaissais allait disparaître pour ne réapparaître que dans plusieurs générations. Toutes les villes du monde Sim seraient concernées…

Les nuits suivantes, la voix me donna plus de précisions, si tant est que l’on puisse les prendre telles qu’elles. Qu’avait-elle dit déjà ? Oh, je m’en souviens parfaitement : « Le ciel s’assombrira et la brume t’enveloppera... » Cela ressemblait à une prophétie, mais une prophétie sortie de mon sommeil... et j’avais beaucoup de mal à me concentrer sur mes devoirs.


La première à qui j’en parlai fut Amandine. J’avais vraiment besoin d’avoir un avis extérieur sur ces rêves.

- Alors, tu en penses quoi ?

- Ce que j’en pense, c’est que tu as besoin de changement dans ta vie. Tu étouffes ici... Ou alors... tu es amoureuse !



- Arrête de dire n’importe quoi ! Ces rêves me font flipper. Je veux un avis sérieux.

- Je te l’ai dit, le changement. Je ne peux pas me permettre d’aller contre tes parents mais je pense que cette vie ne te convient pas. Ça ne te va pas de fréquenter les stars. Ça te mine, je le vois bien.


- Oui... Tu as sans doute raison... C’est vrai que je n’aime pas toutes ces cérémonies clinquantes... Et j’ai horreur de tous ces endroits pour célébrités... Il faut que je prenne du recul.

- Il faudrait, oui. Tes notes sont en baisse, je croyais que c’était à cause d’un garçon mais apparemment, non. Si tu veux du changement, étudie, ne laisse pas tomber. Il n’y a que comme ça que tu pourras leur échapper. Franchement, tu te vois actrice, Perrine ?

Elle parlait d’or et me connaissait parfaitement. Il fallait que je me ressaisisse et retrouve ma concentration. Il n’y a que comme cela que je pourrais mener ma propre vie, loin de mes parents.


Je m’étais remise à étudier sérieusement et j’avais même repris mes livres sur le jardinage. Mes plantes étaient de plus en plus belles et j’espérais voir bientôt sortir quelques jolies fleurs.

Mais le Créateur ne m’oubliait pas... Je suis certaine que cette voix était la sienne... J’en avais une conviction profonde, bien qu’il n’eut pas besoin de se présenter... Et s’Il me parlait, cela signifiait que mon rêve n’en était peut-être pas un, qu’Il me mettait en garde... « L’élu soufflera, le silence noir sera là et le monde nouveau commencera ». En avalant mon sandwich, je me dis que j’avais peut-être là, l’intégralité de Sa prophétie.


Il fallait que j’en parle à Elsa. Elle m’avait invitée en début de soirée pour que nous nagions ensemble et nous sommes finalement resté assises au bord de la piscine à palabrer sur mes rêves. Elsa avait l’air complètement déprimée et elle prenait ça très au sérieux.

- Tu n’as pas remarqué que le ciel était voilé depuis quelques jours, Perrine ?

- Non, je n’ai pas remarqué mais ce ne serait pas la première fois que ça arrive.

- Il n’a jamais été voilé de la sorte... On dirait que le voile tend à s’épaissir.


La théorie d’Elsa me déprimait, alors j’essayai d’en parler à Orange mais il s’avéra qu’il n’était pas très réceptif à ce que je lui racontai...

- Ouais, ouais... c’est terrible mais il faut que je te parle d’un sujet beaucoup plus important.

- Ah oui ?!


- Oui. Elsa. Je suis fou amoureux d’elle depuis que je l’ai rencontrée chez toi. Je n’ai pas son numéro, je ne sais même pas où elle habite. J’ai besoin de ton aide. Tu voudras bien lui parler de mes sentiments ?

- Ça alors ! C’est vrai que tu as l’air mordu !


- Je suis dingue d’elle ! Alors, tu m’aideras ?

- Bien sûr que je t’aiderai, Orange ! Vous êtes mes amis tous les deux et rien ne me ferai plus plaisir que d’avoir participé à votre idylle !


- Super ! Tu es la meilleure ! Tiens-moi au courant surtout.

- Tu seras vite au courant. Je la vois demain.


Ce soir-là, je m’étais installée pour regarder les informations avec mes parents. Je le faisais de temps en temps pour avoir un semblant de vie de famille et m’extasier avec eux lorsque les noms de l’un ou de l’autre étaient mentionnés aux actualités.


Mais ce soir-là, il ne fut pas question d’eux et je levai les yeux vers les présentateurs du JT.

- Vous avez vu ça, Charline ?

- Bien sûr Guy ! Tout le monde sim en parle mais surtout nos climatologues qui annoncent un changement climatique sans précédent.

- J’espère bien que non, avait lancé ma mère. Je veux garder mon soleil !

Les présentateurs avaient mentionné un brouillard léger qui s’installait doucement mais sûrement sur tous les mondes sim... Je repensai à mes rêves... La brume...


Le lendemain matin, je me levai très tôt. Il faisait encore nuit dehors. J’avais très bien dormi. Aucun rêve, aucune voix n’étaient venus perturber mon sommeil.


J’arrosai délicatement mes belles jacinthes que j’avais oubliées hier soir. J’étais fière du résultat. Je pensais à planter d’autres fleurs dans les pots vides maintenant que je maîtrisais un peu mieux le jardinage. Ma serre serait magnifique.


Mais en attendant, il fallut que je révise mes répliques pour le cours de théâtre car je n’étais pas au point et qu’après le lycée, je devrais m’y rendre directement. Je n’aurais pas terminé toutes ces obligations avant dix-sept heures trente mais ensuite, je me rendrais directement chez Elsa.


Pendant que je passais une journée interminable à écouter les cours au lycée puis à participer au cours de théâtre, Maman tournait la dernière scène du film de science-fiction sur lequel elle jouait depuis des mois. D’après elle, le final était grandiose mais alors que j’eus l’occasion d’aller à la première du film, mon opinion fut toute autre… Maman fut tout de même nominée aux Topisims pour son jeu d’actrice extraordinaire.


Lorsque j’arrivai vers dix-huit heures chez Elsa, celle-ci s’apprêtait à zapper pour écouter les infos. Il faut préciser que nous en étions à un tel point qu’il n’y avait presque plus de programmes divertissants ou de documentaires à la télévision. On nous lavait le cerveau avec LE grand changement climatique (qui n’arrivait pas d’ailleurs !).

- Je crois qu’Orange est très amoureux de toi. Et j’ai ouïe dire qu’il aimerait savoir si tes sentiments sont les mêmes…

- Attends, j’allume la télé. On en parle après…


- Elsa !! Je te parle d’un truc important, là !

- Ok, d’accord. On allume la télé et je t’écoute. Je suis presque sûre que c’est de ta brume qu’ils parlent !


Je fis bien de céder car Elsa m’écouta attentivement et la télévision ne fut plus qu’un bruit de fond dont elle baissa le son au fur et à mesure de la conversation.

- Il m’a dit qu’il était fou amoureux de toi.

- Il te l’a dit personnellement ou c’est un « ouï dire » Perrine ?


- Il me l’a dit

- Et tu le crois sincère ? C’est un acteur, ne l’oublie pas


- Il est sincère. Je le connais depuis suffisamment longtemps pour savoir qu’il ne joue pas la comédie.

- Je suis heureuse que tu me dises cela car j’ai eu un véritable coup de foudre lorsque je l’ai rencontré.


- Mais pourquoi ne m’en as-tu pas parlé ?

- Perrine, toi et moi venons de milieux différents, nous le savons. Et Orange est du tien. Je voulais l’oublier. Je pensais n’avoir aucune chance avec un gars comme lui et je ne voulais pas que tu lui en parles.


- Tu me vexes, Elsa... Tu es la seule amie que j’aie. Jamais je ne t’aurais trahie pour des histoires de « milieux ».

- Essaye de me comprendre... Cela n’est pas facile pour moi. Tu es déjà une star montante, tu vas à des premières de films, le studio PBP est un lieu où tu te rends régulièrement... Tu m’en veux ?


- Bien sûr que non. Je t’aime trop pour cela. Je vais donner ton numéro à Orange. Je pense qu’il t’appellera très vite.

- Non. Donne-moi son numéro. C’est moi qui l’appellerai. Je ne veux pas qu’il croie qu’il maîtrise tout.


Elsa et moi nous quittâmes en nous enlaçant. Notre amitié était intacte et c’est tout ce qui comptait pour moi. En rentrant à la maison, je me rendis dans la serre. Les jacinthes et les marguerites étaient de plus en plus belles.


Je pris ma bible du jardinage pour l’étudier mais je pensais en réalité à la conversation que j’avais eue avec Elsa. Elle était ma seule amie et pourtant, elle avait eu un doute quant à ma loyauté envers elle par rapport à Orange. Je trouvai cela fort triste et je me pris à rêver d’un monde où les stars n’existeraient pas, où tout le monde serait du même « milieu », et où nous pourrions vivre en paix.


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